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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 07:50
Devant l’hôpital de Bayeux, lors de la mobilisation organisée par l’intersyndicale le 24 mars 2017

Devant l’hôpital de Bayeux, lors de la mobilisation organisée par l’intersyndicale le 24 mars 2017

Les hôpitaux de proximité meurent à petit feu : déficits monstrueux impossibles à résorber, personnel en grande souffrance, malades traités à la chaîne et parfois maltraités. L’hôpital de Bayeux n’est pas épargné. En face, le gouvernement et les Agences Régionales de Santé brandissent le « trou de la Sécu » et ne proposent que rationalisations, optimisations, réductions d’effectifs et fermetures de lits, de services et d’hôpitaux.

L’une des plus grandes richesses de la France était son système de santé. Pouvoir se faire soigner près de chez soi, par des professionnels compétents, sans avoir à se poser la question du coût, est un luxe qui nous paraît banal. Mise en place à la sortie de la seconde guerre mondiale, la sécurité sociale fait aujourd’hui partie du paysage. Ce système basé sur la solidarité fut longtemps très efficace, peu coûteux et à l’équilibre budgétaire. Or il est en train de sombrer.

Comme vous, j’ai longtemps cru au « trou de la Sécu ». Mais ce mystérieux trou ne vient pas d’une frénésie de prescriptions de la part des médecins ou d’un abus de consultations de la part des patients. ll est artificiel et a un objectif clairement énoncé par l’ancien vice-président du Medef Denis Kessler : “Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance !”.

Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage. Les gouvernements successifs “bien conseillés” par les disciples de Kessler organisent la casse programmée de la sécurité sociale : gel du taux de cotisation patronale et des cotisations salariales des années 70, mise en place de la tarification à l’activité (T2A) en 2004, exonérations de cotisations sociales, etc.

Ces décisions politiques au service de l’idéologie capitaliste ont pour objectif de confier notre santé aux entreprises privées. Pourquoi croyez-vous que la société de conseil de François Fillon a perçu environ 200 000 euros sur deux ans de la part de l’assureur Axa ? Le budget de la sécurité sociale, c’est 800 milliards d’euros, c’est-à-dire deux fois le budget de la France. Les assurances privées et les multinationales de la santé lorgnent sur ce trésor des français qui passe sous le nez des actionnaires.

Le champ lexical utilisé en dit long sur l’objectif de privatiser doucement mais sûrement le secteur de la santé : les cotisations sont appelées  « charges », le système de santé est accusé de « coûter », sans oublier l’affreux et inquiétant « trou de la Sécu » qui ne cesse de se creuser.

La vision comptable et la gestion productiviste ont donc pris le pas sur la mission de “service public”. Pourtant, soigner les gens en respectant le serment d’Hippocrate ne peut pas être directement rentable : la santé n’est pas une marchandise. Le paiement à l’acte, avec des actes de moins en moins rémunérés, aboutit à la nécessité de “faire du volume”. Le personnel, souvent en sous-effectif, se retrouve à devoir être de plus en plus “productif”. Le nombre d’arrêts maladies, de burn-outs, de suicides au sein du personnel soignant explose. La menace de la suppression de lits aboutit à une gestion parfois absurde des malades. L’épée de Damoclès de la fermeture des services les moins rentables pousse à la fraude et à la surcote des actes. L’image négative qui en découle amène les patients à aller voir ailleurs, dans le privé.

Cette situation catastrophique n’est pas une fatalité. Il suffirait de faire d’autres choix politiques pour retrouver une situation saine et durable.
Mener une réforme institutionnelle pour revenir aux valeurs fondamentales originelles de 1945. Car la « crise » de notre sécurité sociale est aussi une crise démocratique.
Réorienter les budgets pour moins “réparer, guérir et assister”, et plus “prévenir, accompagner et former à la gestion du risque”.
Lutter contre la fraude aux cotisations patronales qui en 2012 aurait atteint 20 à 25 milliards d’euros alors que le déficit de la sécurité sociale était de 16 milliards.
Choisir une vision politique non marchande de la santé, résister aux puissants lobbies et refuser d’envisager l’option des assurances privées comme une solution acceptable à la crise actuelle.

La médecine fait chaque jour de fabuleux progrès. Mais à quoi nous servira le nouveau traitement révolutionnaire qui pourrait nous sauver la vie, si nous n’avons pas les moyens de nous le payer ? Prenons conscience de la chance que nous avons de vivre dans un pays qui a eu l’intelligence de se doter d’un système de santé de proximité, juste et solidaire. Comprenons qu’il ne fonctionnera que si nous maintenons un réseau dense de professionnels et d’établissements de santé. Alors battons-nous pour les conserver.

Isabelle ATTARD
Députée du Calvados

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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 07:45
Faute d'anesthésiste pédiatre au CHU de Caen, une mère fait opérer son bébé en urgence à Rouen

« La pédiatre de la crèche de mon fils m’alerte sur son état de santé. Je me rends à 15 heures au CHU et à 22h30 un médecin nous annonce qu’il doit subir, sans délai, une ponction sous anesthésie générale pour enrayer une infection en cours d’évolution à sa hanche. Il nous précise que c’est impossible au CHU puisque durant au moins trois jours aucun pédo-anesthésiste n’est présent sur le site ! Il nous recommande donc de nous rendre au plus vite au CHU de Rouen ».

Il y a une faillite de l'hôpital

L’enfant a donc été conduit par la famille à Rouen « où nous avons été très bien accueillis » précise Stéphanie Yon-Courtin, mais elle ne décolère pas contre l’hôpital caennais qui « ne dispose pas d’une permanence de pédo-anesthésiste ».

Devant le personnel médical, elle n’a pas fait état de sa qualité d’élue. Mais elle ne veut en rester là : « Aujourd’hui je me dois d’obtenir des explications ! Pour tous les parents parce qu’il y a une faillite de l’hôpital. Nous avons eu la chance de disposer de quelques heures pour aller à Rouen mais imaginons qu’un bébé est dans une urgence vitale d’une heure ? Que se passe-t-il ? Comment aller jusqu’à Rouen ? ». Stéphanie Yon-Courtin a donc écrit au Directeur du CHU et adressé des copies au ministère de la Santé et à l’Agence régionale de santé pour obtenir des explications.

Que les politiques prennent les bonnes mesures ! – Christophe Kassel, directeur du CHU de Caen

La direction du CHU de Caen n’a pas encore pu répondre par écrit à Stéphanie Yon-Courtin. Mais Christophe Kassel, le directeur-général, a accepté d’expliquer la situation à France Bleu. « Je comprends que cette situation puisse surprendre. Mais nous avons un système de transfert possible que nous utilisons en cas de besoin avec nos voisins des CHU de Rouen et Rennes », explique-t-il.

Des transferts décidés au cas par cas après contacts entre les chirurgiens des établissements concernés. Si besoin « les transferts se font par hélicoptère » précise le directeur. Ces absences ponctuelles d’anesthésistes pédiatriques (les seuls à pouvoir pratiquer une anesthésie d’enfant de moins de 12 mois) s’expliquent par une pénurie de médecins hospitaliers. En particulier deux postes vacants de pédo-anesthésistes au CHU.

« Je voudrais que tous les politiques, droite et gauche, puissent évoquer les conditions de rémunérations des médecins hospitaliers publics par rapport au privé. La concurrence est forte, certains diront éhontée ! Que les élus réfléchissent aussi aux clauses de non-concurrences. Il y a pourtant des leviers. Des textes de lois votés mais on attend toujours les décrets d’applications » conclue le directeur du CHU de Caen. Confronté à une fuite des médecins et à certains désagréments désormais perceptibles par les patients.

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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 07:27

Pendant plus de 2 h ce vendredi matin, une centaine d'usagers et personnels de l'hôpital de Bayeux ont défilé dans les rues pour dénoncer le manque de moyens humains et financiers.

Une centaine de personnes défilent dans les rues de Bayeux pour défendre l'hôpital

“Salariés épuisés, usagers en danger”“Il faut de l’argent pour les hôpitaux publics”… Les manifestants ont scandé des slogans forts pendant leur défilé dans les rues de Bayeux ce vendredi matin. François Fillon, le candidat Les Républicains empêtré dans les affaires, en a même pris pour son grade : “Fillon, donne-nous ton pognon”“A l’hôpital, il n’y a pas d’emplois fictifs”… Ils étaient une centaine, usagers et personnels confondus (beaucoup de ces derniers étaient assignés, ndlr), à manifester pendant plus de 2 heures pour dénoncer des manques de moyens humains et financiers.

“Non à des soins loin de chez nous”

Jean-Paul Hamel, au nom de l’intersyndicale de l’hôpital (CGT, Sud, CFDT et CFTC), a pris la parole pour motiver les troupes avant le départ de la marche : “Cette mobilisation a pour but d’interpeller les pouvoirs publics qui sont responsables de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Ils ont mis en place des outils dévastateurs : la tarification à l’activité, les réductions de budgets, des fusions d’établissements et maintenant, leur dernier petit joujou, les GHT (groupements hospitaliers de territoire). Toutes ces mesures n’ont qu’un seul objectif : supprimer des emplois, des services voire des établissements”.

Le représentant syndical est également revenu sur les suppressions de postes annoncées. Et les conséquences qu’elles peuvent avoir. “L’hôpital de Bayeux est en déficit comme la plupart des hôpitaux publics. On nous demande de supprimer cette année encore 15 emplois. Et on nous dit que ça va durer jusqu’en 2021. L’hôpital de Bayeux offre des soins de qualité dans de multiples disciplines. Si nous ne faisons rien, ils risquent de disparaître. Alors non à des soins loin de chez nous, et non aux suppressions d’emploi”.

“Les salariés sont épuisés”

Yoran Guillochon, du syndicat Sud, insiste sur le climat de tensions et de fatigue qui règne au centre hospitalier depuis de longs mois. “Il y a un vrai ras-le-bol. On asphyxie le personnel. Il y a des burn-out, de plus en plus d’arrêts maladie, les salariés sont épuisés”.

“Que l’hôpital ne se transforme pas en centre de gérontologie”

Le maire de Bayeux, Patrick Gomont, a pris la parole sur le parvis de l’hôtel de ville à l’arrivée des manifestants. Aux côtés de la conseillère départementale Mélanie Lepoultier, il leur a assuré du soutien de la collectivité. « Notre volonté est le maintien de tous les services, que l’hôpital ne se transforme pas en centre de gérontologie. Etant donné son déficit chronique, on peut comprendre que l’on parle de réorganisations et d’arbitrages immobiliers (qui pourrait conduire l’hôpital, propriétaire de nombreux bâtiments, à se séparer de certains ndlr), mais pas de fermetures de services. L’hôpital de Bayeux c’est 1 200 emplois, des retombées économiques sur le territoire et un facteur d’attractivité essentiel. C’est l’accès aux soins pour tous les habitants du Bessin, il est hors de question que l’on aille au CHU de Caen ».

Le maire s’inquiète aussi de la manière dont s’organise la vie hospitalière autour du GHT, opérationnel depuis janvier, qui repose sur un projet médical partagé entre plusieurs établissements. « Il y a une main-mise du CHU sur les autres. Quand on parle de partenariat, tous les acteurs doivent trouver leur place ».

Patrick Lemonnier, président du conseil de surveillance de l’hôpital, est également intervenu pour rappeler que l’ARS (Agence régionale de santé) lui avait assuré qu’aucun service n’allait fermer. Mais les manifestants veulent rester prudents et attendent de meilleures conditions de travail et d’accueil des patients.

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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 16:32
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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 14:43
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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 15:01
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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 11:38
L’ubérisation de l’hôpital public !

Assistons-nous à l’asphyxie lente, méthodique et programmée de l’hôpital public ? Telle est la question que l’on peut légitimement se poser face aux réformes successives et au malaise croissant des personnels hospitaliers. Gazette Debout a interrogé Olivier d’Hôpitaux en lutte et Olivier d’Hôpitaux Debout pour en savoir plus. Et leur diagnostic est édifiant.

Aujourd’hui à bout de souffle, l’hôpital public ne fonctionne plus que grâce à la vocation et l’engagement des soignants qui, trop peu nombreux, reviennent sur leur temps de repos quand ils sont appelés, bien que ce soit illégal. La ministre Marisol Touraine promet des créations de postes, mais les syndicats dénoncent un double langage. Car en réalité, ces créations sont insuffisantes face à la hausse de la demande de soins due au vieillissement de la population et aux progrès de la science.

« En 10 ans, 100 000 postes et des milliers de lits ont été supprimés dans les hôpitaux publics. La loi de financement de la Sécu pour 2015-2017 a diminué le budget de la santé de 10 milliards d’euros en faveur du Pacte de responsabilité, dont 3,5 milliards ôtés à l’Hôpital, soit 22 000 postes en moins d’ici la fin de cette année », déplore un tract de l’intersyndicale. La mise en œuvre du Plan de Financement de la Sécurité Sociale 2017 imposera 4 milliards d’économies sur notre santé, dont 800 millions à l’hôpital. Cette baisse des budgets avait donné lieu à une grève nationale en novembre dernier.

En sous-effectif et soumis à des méthodes de management par la peur, le personnel est épuisé. Des cas importants de burn-out sont signalés dans les équipes, certains conduisant à des suicides. L’absentéisme et les démissions augmentent, les vocations diminuent. « Il faut remonter à la mise en place des 35 heures, qui n’a créé aucun poste », rappelle Olivier d’Hôpitaux debout. Or les besoins de santé augmentent. « Aujourd’hui il y a 1,2 millions de jours de RTT placés sur les comptes épargne-temps que les personnels ne peuvent pas prendre », poursuit-il. Mais voilà, depuis le temps que les pouvoirs publics tirent sur la corde, le personnel n’en peut plus.

L’Uberisation de l’hôpital public ?

« On assiste à un début d’uberisation », indique encore Olivier. En cause, l’ordonnance n°2017-50 du 19 janvier 2017 relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles dans le domaine de la santé, qui permet à une personne qui a validé une compétence en Europe pour faire une prise de sang, par exemple, de pratiquer en France sans pour autant être infirmier. « Avec la tarification à l’activité, on nous fait travailler comme des machines et il n’y a plus de prise en charge globale du patient », complète Olivier. « Les pouvoirs publics exigent la rentabilité, on parle même désormais de taux de marge brut. Le tournant libéral a été pris sous Juppé en 1995, puis s’est accentué au fil des ans ».

L’austérité infligée aux hôpitaux publics a un impact direct sur la santé de nos concitoyens. Alors que la France était première sur l’accès aux soins en 2006 dans le classement mondial de l’OMS, notre pays a dégringolé au 24ème rang en 2017, notamment en raison des fermetures de lits. Les dernières études de l’OCDE montrent que nous régressons dans la prise en charge de la santé : près d’un quart de la population renonce à se soigner, totalement ou partiellement, pour des raisons financières.

« En fonction des spécialités médicales, 36% à 64% de la population renoncent à des soins pour des raisons financières selon une enquête IPSOS/SPF. Le nombre de médecins pratiquant des dépassements d’honoraires ne cesse d’augmenter avec les « contrat d’accès aux soins » de Mme Touraine incitant les médecins à adhérer au secteur 2, qui autorise les dépassements », déclare le collectif Notre Santé en danger.

Cette situation ne peut que s’aggraver avec la progression des déserts médicaux en milieu rural et dans les quartiers populaires des villes, même à Paris. Ces inégalités d’accès à la santé sont aggravées par les restructurations hospitalières et les fermetures de maternités de proximité imposées par les gouvernements successifs.

Pour sauver l’hôpital public la lutte s’organise. Une intersyndicale historique Sud FO CGT a vu le jour. « Nous voulons un Grenelle de l’hôpital, et que le terrain puisse faire part de ses problèmes face à la technocratie », assure Olivier d’Hôpitaux en lutte. En janvier dernier, 144 hôpitaux ont fait grève. La prochaine manifestation nationale est prévue pour le 7 mars. Les usagers sont invités à s’y rallier massivement. Elle sera précédée d’une conférence de presse et d’un meeting à la Bourse du travail à Paris le 2 mars.

Voici quelques revendications :

  • Octroi des moyens budgétaires permettant aux établissements sanitaires et médico-sociaux d’assurer leur mission de service public, d’investir, d’embaucher et de titulariser nos collègues contractuel-le-s
  • Embauche en fonction des besoins, titularisation de nos collègues contractuel-le-s dans la Fonction publique hospitalière
  • Reconnaissance de la pénibilité de nos métiers
  • Abandon de la « territorialisation » de l’offre de soins, des GHT (Groupements hospitaliers de territoire) et des restructurations
  • Ouverture de vraies négociations sur les carrières et les grilles indiciaires, sur l’ensemble des secteurs, garantissant l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, la revalorisation des métiers à prédominance féminine vers une grille unique des salaires, linéaire sans barrages ni quota
  • Arrêt des fermetures de lits et des suppressions de postes
  • Un plan d’urgence Emploi, formation initiale et continue, pour pallier le déficit démographique actuel et garantir à l’avenir des effectifs permettant un retour à la qualité, la sécurité et au confort du soin et de travail. Maintien de tous les instituts de formation (IFSI, IFAS…)
  • Des politiques sanitaires et sociales à la hauteur des besoins de la population, quels que soient leurs lieux d’habitation
  • Stop à la casse de nos métiers (l’abandon du projet de ré-ingénierie de l’ensemble des métiers du social)
  • La préservation et le développement d’un service public républicain de santé de proximité sur l’ensemble du territoire, garant d’une réelle égalité dans l’accès aux soins
  • Fin des enveloppes limitatives et abandon du plan ONDAM triennal de 3,5 milliards d’économies sur les hôpitaux
  • Abrogation des ordres professionnels
  • Retrait de la ponction de 300 millions d’euros sur les fonds de formation de l’ANFH
  • Abrogation des Loi HPST, Loi Santé et Loi Travail
  • Abandon des poursuites contre les syndicalistes et défense de leurs droits liés à l’exercice syndical.
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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 08:36

L’épidémie de grippe touche à sa fin mais elle laisse derrière une augmentation alarmante de surmortalité. Les premières estimations de l’agence « Santé publique France », rendue publique mi février, font état d’une surmortalité de 17 000 personnes entre mi-décembre et mi-février. Des chiffres vertigineux qui rappellent ceux de l’hiver 2014-2015 au cours duquel une surmortalité de 18 000 personnes avait été observée, les trois quarts étant liés à la grippe. Les personnes âgées de plus de 65 ans sont les plus touchées.

Des hôpitaux saturés

Pour Olivier Mans, secrétaire fédéral de Sud Santé, le lien entre cette hécatombe et les coupes budgétaires dans le budget des hôpitaux est « évident ». « Le rouleau compresseur des mesures d’austérité, la généralisation des contrats précaires, le manque d’effectifs et de moyens rendent les conditions de travail, et d’accueil, très difficiles », explique le syndicaliste. Mi-janvier, en plein cœur de l’épidémie, la ministre de la Santé Marisol Touraine a concédé que bon nombre d’hôpitaux étaient débordés. « Les services d’urgence sont particulièrement sollicités, aux limites de leurs capacités, a-t-elle alerté, il y a un mois. Les remontées dont je dispose aujourd’hui (…) font état d’une situation préoccupante. » Déprogrammation d’intervention, placement de malades dans des services voisins, chambres simples transformées en chambre double, les équipes hospitalières ont dû ruser pour tâcher d’accueillir tout le monde. « On a aussi dû renvoyer des personnes mourir chez elle », déplore Olivier Mans.

Des échanges de mails entre plusieurs Samu de France auxquels le quotidien Libération a eu accès donnent un aperçu des conditions de travail, et d’accueil dans les services d’urgence : « Pour le CHU de Nice, saturation des urgences. Actuellement 265 passages par jour depuis quinze jours pour une moyenne annuelle de 250 mais surtout 26 % de patients de plus de 75 ans et nécessité de trouver 60 lits par jour. L’hôpital est saturé. » En Gironde, « plusieurs déclarations d’hôpital en tension sur l’ensemble du département de la ­Gironde, sur la métropole de ­Bordeaux […] mais pas uniquement. D’autres services d’urgences sont saturés ».

Personnels sous pression, et patients délaissés

À Montélimar, « L’établissement est saturé en ce qui concerne les lits de médecine. Il n’y a jamais de lits réservés pour les hospitalisations non programmées, déplore une responsable du Samu. C’est seulement hier mardi soir, après un affrontement oral plus que violent de ma part, que la décision a été prise d’ouvrir six lits supplémentaires avec rappel de personnels pour cette nuit. Mais aucun renfort aux urgences, pas de décision officielle d’établissement, pas d’ouverture officielle de cette unité pour les prochains jours. En résumé, nous ne sommes pas capables de gérer une simple grippe hivernale. »

« La grippe, c’est un effet de loupe, estime Olivier Mans. La vérité c’est que l’on est incapable de faire face à une urgence sanitaire que ce soit au niveau local, régional ou national. » Minés par la conscience de ne pouvoir répondre à la demande, avec des conséquences douloureuses, voire dramatiques pour les usagers, les personnels « ont mal à leur éthique », dit le syndicaliste. « C’est pour dire cela qu’ils seront dans la rue le 7 mars, à l’appel d’une intersyndicale CGT-FO-Sud, plus encore que pour défendre leurs acquis sociaux. »

par Nolwenn Weiler

Source: bastamag.net

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 08:29

Mardi 21 février, cinq candidats à la présidentielle ont présenté, à l’invitation de la Mutualité française, leurs propositions de financement de notre système de santé.

La santé, un sujet qui n’a pas encore été au cœur de la campagne, mais qui importe aux Français. Car même si le renoncement aux soins découle de facteurs multiples, les raisons financières sont dominantes et les remboursements de la Sécurité Sociale n’ont pas été réévalués depuis trente ans. L’évolution du système de santé préoccupe et l’accès aux soins devient de plus en plus inégalitaire : la médecine française est de plus en plus onéreuse.

Pour analyser le question, nous accueillons ce soir Frédéric Pierru, sociologue et spécialiste des politiques de santé, Agnès Verdier-Molinié, directrice de la fondation iFRAP et le professeur Guy Vallancien, chirurgien et membre de l’Académie nationale de médecine.

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 11:21
Le délit d’entrave à l’IVG définitivement adopté par le Parlement

Aprement combattue par une partie de la droite et le mouvement «pro-vie», la proposition de loi PS visant à pénaliser les sites de «désinformation» sur l’IVG a été adoptée ce jeudi lors d'un dernier vote à l'Assemblée.

La pénalisation des sites internet qui cherchent à convaincre les femmes de renoncer à leur liberté d’avorter est devenue réalité. Ce jeudi, le Parlement a en effet adopté définitivement, par un dernier vote de l’Assemblée, la proposition de loi PS visant à pénaliser les sites de «désinformation» sur l’IVG, âprement combattue par une partie de la droite et le mouvement «pro-vie».

Ce texte, voté à main levée, prévoit d’étendre au numérique le délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse, créé en 1993 et sanctionné par une peine pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. Tous les groupes de gauche et une majorité de l’UDI ont voté pour, alors que Les Républicains ont voté contre «une atteinte à la liberté d’expression».

«La liberté d’expression, ce n’est pas la liberté de manipuler»

 

Conçu initialement pour les «commandos» qui venaient perturber les établissements pratiquant l’avortement ou menacer les personnels, le délit d’entrave concernera aussi avec ce texte des informations destinées «à induire intentionnellement en erreur» les femmes s’informant sur l’IVG, «dans un but dissuasif». Quarante ans après la loi Veil, «les adversaires du contrôle des naissances avancent masqués, dissimulés derrière des plateformes qui imitent les sites institutionnels ou des numéros verts d’apparence officielle», a dénoncé la ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol.

«Les militants anti-IVG resteront libres d’exprimer leur hostilité à l’avortement. A condition de dire sincèrement qui ils sont, ce qu’ils font et ce qu’ils veulent», a-t-elle assuré. Pour l’orateur des Républicains Christian Kert, cette loi menace «la liberté de pensée» et «met en place une véritable censure gouvernementale» que selon lui le Conseil constitutionnel n’acceptera pas. «La liberté d’expression, ce n’est pas la liberté de tromper les personnes, la liberté de manipuler», a répondu l’UDI Philippe Vigier.

LIBERATION avec AFP

 

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