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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 11:35

 

La rétrogradation du Dr Kierzek, chef de service, cristallise le conflit qui oppose les urgences de l'Hôtel-Dieu au gouvernement. Le médecin demande sa réintégration sous peine de poursuites judiciaires.

 

C'est un village d'irréductibles Gaulois. Pour le monde hospitalier, les urgences de l'un des plus vieux hôpitaux parisiens, l'Hôtel-Dieu, situé au pied de Notre-Dame, ont bien des points communs avec la bande d'Astérix. Depuis vingt ans, les gouvernements successifs tentent de les fermer. En vain. Et comme le résume un dirigeant de l'Assistance publique: «Il est très difficile de fermer les urgences de l'Hôtel-Dieu à un an des municipales. Or on est toujours dans un calendrier électoral: si ce ne sont pas les municipales, ce sont les législatives ou la présidentielle!»

 

Dernier épisode en date, la rétrogradation, par sa hiérarchie, du chef du service mobile d'urgence et de réanimation (Smur), symbole de cette lutte, puis le report de la fermeture des urgences. Charismatique, «grande gueule», Gérald Kierzek, 39 ans, chroniqueur au «Magazine de la santé» sur France 5 et sur D8, se bat depuis deux ans contre la fermeture de l'Hôtel-Dieu, initialement programmée pour le 4 novembre prochain. Le médecin mais aussi la communauté hospitalière ont du coup vécu cette rétrogradation comme une sanction pour avoir trop ouvertement critiqué les choix ministériels. La tension est tant montée que les candidats aux élections municipales à Paris se sont saisis de l'affaire. Nathalie Kosciusko-Morizet, la candidate UMP, évoquant même une «chasse aux sorcières». L'affaire a été d'autant plus mal comprise que deux jours plus tard, Marisol Touraine annonçait donc finalement le report sine die de la fermeture de l'Hôtel-Dieu... La ministre expliquait avoir choisi de prendre en compte la «dégradation du climat» social dans l'hôpital et ne vouloir «prendre aucun risque sur la prise en charge des urgences à Paris au début de l'hiver». Un urgentiste ironise: «Parce que la canicule c'est l'hiver peut-être?»

 

La leçon de Boston

 

Selon nos informations, l'avocat du Dr Gérald Kierzek a adressé jeudi soir un courrier à la Direction générale de l'Assistance publique et à la ministre de la Santé. Dans cette lettre que Le Figaro a consultée, l'urgentiste de l'Hôtel-Dieu, ancien chef du Smur rétrogradé simple médecin de base le 8 juillet dernier, «sollicite sa réintégration complète et immédiate au poste préalablement occupé (...). À défaut de réintégration dans un délai de cinq jours ouvrés à compter de la date de la présente», Charles Joseph-Oudin, l'avocat du médecin, compte bien donner une suite judiciaire à l'affaire.

 

«Avec l'Hôtel-Dieu, c'est en réalité l'ensemble de la carte des hôpitaux parisiens de l'Assistance publique que l'on bouleverse. Car si l'on ferme ce service, Lariboisière sera encore plus saturé», martèle le Dr Kierzek. Et de faire la comparaison avec la ville américaine de Boston touchée par des attentats du 15 avril dernier lors du marathon qui avaient fait trois morts et plus de 250 blessés. «Boston compte 620.000 habitants pour 11 services d'urgences dont 7 “trauma centers” (les centres dédiés aux blessés polytraumatisés en danger de mort, NDLR). Paris, c'est 2,2 millions d'habitants intra muros pour 12 services d'urgences dont 4 “trauma centers”... pour moi, c'est un problème, défend-il. En réalité, le grand projet de l'Assistance publique, c'est de faire quatre gros centres dans Paris: Lariboisière, la Pitié, Saint-Antoine et Pompidou.»

 

Dans son courrier à l'Assistance publique et au ministère, le Dr Kierzek fait valoir la protection due aux lanceurs d'alerte: «Aucune personne ne peut être écartée (…) ni être sanctionnée (...) pour avoir relaté ou témoigné, de bonne foi, soit à son employeur, soit aux autorités judiciaires ou administratives de faits relatifs à un risque grave pour la santé publique ou l'environnement dont elle aurait eu connaissance dans l'exercice de ses fonctions.»

 

Source: Le Figaro

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Published by sud-chu-caen

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