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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 17:27

Sous surveillance des banques, le CHU de Caen ne paye plus ses fournisseurs

 

Le CHU de Caen, en délicate posture financière, vient de prendre une décision pour le moins inhabituelle. Le salaire du personnel sera payé en temps et en heure, mais les fournisseurs, eux, devront patienter avant d’être réglés. Le versement des cotisations patronales est également suspendu.

 

Dans un mail adressé aux agents et aux médecins, Angel Piquemal, le directeur général du CHU, explique pourquoi l’heure est grave. Le déficit cumulé du CHU atteint 119 millions d’euros. Une ardoise reconduite d’année en année, malgré les efforts engagés (baisse des effectifs, réorganisations...) qui ont permis de diviser par quatre le déficit annuel entre 2009 et 2011. « Le CHU a systématiquement dépensé davantage que les recettes qu’il a perçues », expose sans détours le DG.

 

Interdiction des banques

 

Vivant au-dessus de ses moyens, l’hôpital s’est maintenu hors de l’eau de façon artificielle, grâce à deux autorisations de découvert. Sauf que les banques viennent de siffler la fin de la récré. Aucun nouvel emprunt ne sera consenti sans nouvelles garanties d’assainissement des comptes. Une date couperet se profile : les autorisations de découvert, non reconduites, arrivent à échéance les 3 et 12 octobre. Dans trois semaines, le CHU de Basse-Normandie ne sera plus en mesure d’assumer ses charges d’exploitation.

 

L’hôpital caennais est déterminé à mettre les bouchées doubles pour doper son activité, faiblarde comparée à celle des autres CHU. Mais l’heure n’est pas aux plans de moyen ou long terme. Comment débloquer la situation avant le 3 octobre ? Le dossier est suivi de près par Paris. Les tutelles vont-elles voler au secours de l’établissement ? À l’aide d’un apurement partiel de la dette, d’une pression sur les banques ? C’est tout l’enjeu des discrètes discussions qui se déroulent actuellement entre le CHU de Caen, l’ARS de Basse-Normandie et le ministère de la Santé.

 

Les syndicats de personnel du CHU préviennent : ils attendent un signal fort de la gauche en direction de l’hôpital public. Une absence d’intervention politique serait perçue comme un renoncement face au pouvoir de la finance.

DELPHINE CHARDON

Source : lequotidiendumedecin.fr

 

 

Le CHU de Caen est-il réellement au bord du gouffre ?

 

 

Caen, le jeudi 13 septembre 2012 – Ce n’est pas la première fois que le CHU de Caen défraie la chronique. Ces dernières années, cet établissement hospitalier qui emploie près de 6 000 personnes, a été à plusieurs reprises dans la tourmente. Les dépenses somptuaires de son ancien directeur (qui avait consacré quelque 836 997 euros à la réhabilitation de son logement de fonction) et les dérives des opérations de désamiantage (dont la facture pourrait atteindre près de 40 millions d’euros contre moins d’une vingtaine prévus initialement) avaient déjà été largement commentées dans la presse régionale et nationale. Le gouvernement avait d’ailleurs été appelé à plusieurs reprises au chevet de cet hôpital dont le déficit s’élevait à 37,2 millions d’euros en 2009. Les pouvoirs publics l’avaient ainsi placé sous sa tutelle en 2009 tandis que sa totale reconstruction dans les dix ans à venir avait été annoncée en 2010.

 

Plus de découvert à partir du 12 octobre

 

Ces différentes interventions n’ont cependant pas permis de pallier l’ensemble des difficultés de l’établissement, d’autant que le projet de reconstruction paraît encore aujourd’hui au point mort. Les problèmes budgétaires du CHU persistent en effet. En mai dernier, les Echos évoquaient ainsi un risque de cessation de paiement, tandis que cette semaine, le directeur du CHU, Angel Piquemal, révélait dans une lettre adressée à l’ensemble des salariés avoir été « contraint de suspendre le versement des cotisations patronales et de décaler le paiement des fournisseurs ». Plus précisément, ce sont les sommes dues aux grandes entreprises qui devraient demeurer impayées dans les semaines à venir. Cependant, Angel Piquemal a tenu à le réaffirmer aux syndicats : « les salaires sont et seront » versés.

 

Cette situation s’explique par le refus des banques de prolonger leurs autorisations de découvert, d’un montant de 85 millions d’euros, au-delà des 3 et 12 octobre prochain. Or, cette « ligne de trésorerie » est aujourd’hui le seul moyen pour le CHU d’assurer ses dépenses. D’une manière générale, l’établissement connaît des difficultés d’emprunt depuis désormais plus d’un an.

 

Un cas pas si unique ?

 

Face à ce qui ressemblait fort à un « désastre annoncé » non sans évoquer les situations observées dans les pays les plus fortement touchés par la crise économique, telle la Grèce, la CGT n’a pas tardé à monter au créneau. « Ces mesures sont inédites en France pour un CHU », a-t-elle clamé. Inédites, pas si sûr. La Fédération hospitalière de France (FHF) a en effet tenu à affirmer hier que la situation de l’établissement caennais n’était pas un « phénomène exceptionnel ». Si cette première déclaration ne manque pas d’être glaçante, les précisions d’Yves Gaubert, responsable du pôle financer de la FFH sur RTL sont plus rassurantes : « Ce sont des problèmes très conjoncturels qui se règlent au bout de quelques jours de manière générale ». Il a même admis que la décision de décaler certains paiements se faisait de « manière plus discrète depuis des années ». Enfin, il a assuré que « les contraintes budgétaires qui ont été fortes ces dernières années n’ont jamais affecté la qualité des soins ».

 

Un déficit divisé par quatre en trois ans

 

Par ailleurs, en dépit des apparences, la situation du CHU de Caen n’est pas aussi catastrophique qu’elle l’a été ces dernières années. Certes, comme le résume sobrement Angel Piquemal, « le CHU de Caen a systématiquement dépensé davantage que les recettes qu’il a perçues ». Cependant, le nouveau patron est parvenu en deux ans à redresser significativement la situation : le déficit est en effet passé de 37,2 millions en 2009 à 19,7 millions en 2010 et enfin à 9,2 millions l’année dernière et ce au prix d’une réduction de personnel assez importante (suppression de 437 postes en deux ans). Néanmoins, ces améliorations n’empêchent pas la dette de l’établissement de demeurer la plus élevée de métropole (119 millions d’euros), en partie lié au coût du désamiantage.

 

Tout va très bien (madame la Marquise)

 

Enfin, la CGT qui interroge dans son communiqué d’hier : « L'Etat, le président et son gouvernement se trouvent face un choix de société : veulent- ils encore des hôpitaux publics ? » peut se rassurer. « En aucune façon le gouvernement ne pourrait accepter qu’un établissement public de santé se trouve en cessation de paiement » a ainsi assuré Jean-Luc Nevache, directeur du cabinet de Marisol Touraine, tandis que le député Philippe Duron (PS) a renchéri : « Le CHU pourra continuer normalement son activité dans les semaines et les mois qui viennent ». Les solutions qui seront adoptées (un crédit spécifique du ministère de la Santé ?) devraient être présentées au tout début octobre. Cependant, au-delà des réponses ponctuelles apportées au CHU de Caen, cette affaire confirme l’urgence pour le gouvernement de se pencher sur les difficultés d’emprunt des établissements de santé français. Il s’agit d’un phénomène sur lequel la FHF l’a déjà alerté à plusieurs reprises ces dernières semaines et qui est en partie liée à la faillite de la banque d’investissement Dexia.

AH

Source :JIM.fr

 

Au CHU de Caen, au bord de l'asphyxie, on espère une intervention de l'Etat

 

 

"Le personnel usé dans un bâtiment usé se demande s'il va pouvoir continuer à soigner ses patients", résume Jacky Rouelle secrétaire FO (majoritaire) au CHU, ajoutant que la direction a promis de payer les salaires et de ne pas supprimer davantage d'emploi.

 

Le CHU a annoncé mercredi suspendre le paiement des cotisations patronales et des fournisseurs, car les banques ne veulent plus financer son découvert. L'hôpital qui avait enregistré en 2010 le plus gros déficit de métropole affiche encore 119 millions d'euros de déficit cumulé, malgré des améliorations.

 

"On peut craindre que les fournisseurs ne nous livrent plus, d'être à court de médicaments", ajoute le syndicaliste. "Et puis si on n'a pas la capacité d'investir, comment maintenir la qualité des soins ?", interroge-t-il alors que l'établissement est classé 16e sur 50 hôpitaux français par Le Point.

 

Dans les couloirs l'atmosphère n'est pourtant pas plus lourde que d'habitude. La pression ne date pas d'hier dans l'établissement qui selon FO a supprimé 500 emplois (sur 5.000) en cinq ans pour résorber partiellement ses déficits.

 

"Bah ça fait dix dans que je travaille ici. Ca fait cinq ans que régulièrement il y a des bruits de couloir qui disent qu'on va pas être payé. Non je ne suis pas plus inquiet. L'Etat va nous placer sous tutelle", avance un aide-soignant, qui a requis l'anonymat comme les autres interlocuteurs de l'AFP dans les couloirs de cet hôpital où la direction ne veut pas de journaliste.

 

"Il faut que l'Etat éponge comme en Grèce"

 

"Je ne vois pas comment on pourrait nous en demander plus", témoigne une infirmière diplômée depuis 26 ans. "J'accueille des patients qui viennent d'apprendre qu'ils ont un cancer. Avant on avait des entretiens de 45 minutes pour leur expliquer, maintenant c'est pas plus de 20 minutes", ajoute-t-elle.

 

Et puis "on travaille avec du matériel dégradé. En hémato, la machine qui lit les codes barre d'identification sur les tubes à essai ne marche plus bien. Il faut taper les codes à la main", ajoute Nelly Jean, secrétaire CFDT du CHU.

 

"Ce genre de contraintes on les retrouve dans d'autres hôpitaux. Ici l'ampleur des difficultés financières fait que la pression est accentuée. On est allé trop loin dans la réduction des dépenses de santé", prédit M. Rouelle.

 

"Il faut que l'Etat éponge comme en Grèce. Avec des travaux qui coûtent 30% plus cher qu'ailleurs à cause de l'amiante, comment voulez-vous qu'on vienne un jour à bout de ce déficit ?", témoigne un médecin lui aussi "à bout", se désolant que "la santé dépende des banques".

 

Le député-maire PS de Caen Philippe Duron, qui préside le conseil de surveillance de l'hôpital, a lui tenu à rassurer mercredi, annonçant que le ministère de la Santé a promis "des solutions" pour le CHU "au tout début du mois d'octobre".

 

Le CHU de Caen, construit en 1975, est constitué de deux tours de 23 étages peu pratiques et surtout truffées d'amiante, du sol au plafond. Dès qu'une dalle en lino datant de 1975 se décolle, on en recolle une autre plus grande par dessus, pour éviter que l'amiante de la colle d'origine ne se diffuse, selon les syndicats.

 

Trois étages du CHU, fermés au public, ne sont même accessibles qu'en combinaison anti-amiante. Le CHU doit être reconstruit d'ici 10 ans.

 

Source : news.fr.msn.com/m6-actualite/

 

 

Crise financière au CHU de Caen

 

Du jamais-vu au CHU de Caen ! Mardi soir, le directeur général de l'établissement hospitalier, Angel Piquemal, a envoyé un courrier à son personnel qui a fait l'effet d'une bombe. « J'ai été contraint de suspendre le versement des cotisations patronales et de décaler le paiement des fournisseurs, décalage qui devra être le moins long possible, car nous sommes conscients de l'impact d'une telle mesure sur leur propre trésorerie », écrit le responsable. Le plus gros employeur régional, qui compte plus de 6.000 salariés, explique dans le détail la situation critique de l'hôpital. Déjà, un premier signe avait été donné au printemps lorsque avait été évoqué un risque de cessation de paiements (« Les Echos » du 22 mai 2012).

 

Même si le directeur se veut rassurant pour le personnel, affirmant : « Les salaires sont et seront payés », il vient rappeler l'exacte situation financière de l'établissement : le CHU a « systématiquement dépensé davantage que les recettes qu'il a perçues ». Et c'est au prix de l'utilisation d'une « ligne de trésorerie », autrement dit une autorisation de découvert, qu'il a pu faire face à ses charges courantes.

 

Problème : les deux autorisations accordées au CHU, d'un montant de 85 millions d'euros, arrivent à échéance les 3 et 12 octobre prochain. « Malgré toutes nos démarches, auprès des banques, leur renouvellement, même partiel, est pour le moment très incertain », poursuit Angel Piquemal, dont l'établissement est confronté à des déficits annuels à répétition (9,2 millions d'euros fin 2011, contre 37,2 millions d'euros en 2009).

 

Crédit spécifique

 

« La situation est en train de se régler, les discussions s'organisent », veut rassurer Pierre-Jean Lancry, directeur de l'Agence régionale de santé (ARS) de Basse-Normandie. Un tour de table doit avoir lieu aujourd'hui avec les banques. Un crédit spécifique du ministère de la Santé devrait même être accordé au CHU de Caen. Les difficultés de trésorerie des hôpitaux sont également liées aux difficultés de la banque Dexia.

 

Dans le cas du CHU de Caen, les difficultés sont également liées à la question de sa reconstruction. La tour haute de 23 étages avec de multiples plateaux techniques est obsolète et contient de l'amiante. « On réglera les difficultés du CHU de Caen au moment de sa reconstruction », indiquait hier le directeur de l'ARS. Une décision actée par le précédent gouvernement. Par ailleurs le maire de Caen a affirmé, hier, que des solutions seront apportées début octobre.

CORRESPONDANT À CAEN

Philippe Legueltel

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