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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 19:36

«On n'est pas gestionnaires de lits, on est là pour faire de l'urgence!»


Le service des urgences de l'hôpital parisien Georges Pompidou, en
grève illimitée, dénonce le manque de lits disponibles pour ses
patients.


Le service des urgences de l'hôpital Pompidou est plutôt calme ce
lundi matin. Malgré la grève de son personnel, qui demande plus de
lits pour les malades en attente de soins, les urgentistes ne semblent
pas encore débordés.

Quelques brancards sont stationnés dans les couloirs, quatre, pas plus
pour le moment. Une vieille dame attend, la main dans celle d'un
proche, une poche de perfusion attachée à son brancard. Un peu plus
loin, dans le couloir, un jeune homme, bassine dans les mains, ne
semble pas dans son meilleur état. Mais les malades n'affluent pas
encore à l'accueil, et la salle d'attente est presque vide.

"C'est encore calme parce que les c'était les vacances scolaires
jusqu'à hier. Mais ça ne va pas durer, les parisiens sont revenus",
explique Dimitri Boibessot, infirmier aux urgences, pansement avec
inscrit en gros "grève" collé sur sa blouse verte.

Cela fait 10 ans que le service des urgences de Pompidou se plaint du
manque de lits. Pour le moment les pré-portes — les patients des
urgences censés être hospitalisés dans les services appropriés mais
qui n'ont pas de place — attendent dans les couloirs, sur leurs
brancards. Et même s'il y a des lits libres dans les services, ils
sont programmés pour des futurs patients et ne peuvent pas être
utilisés. Et l'attente peut être longue, très longue dans les couloirs
sombres de l'HEGP. Plusieurs heures, parfois même des journées
entières passées à espérer des soins, et comptées à la Sécurité
sociale comme des journées d'hospitalisation.

"On ne peut pas prévoir le verglas ou la grippe"
Une situation qui révolte le personnel de l'hôpital. «On voudrait des
lits dédiés prioritairement aux urgences», explique Dimitri, qui
conteste également que des lits soient exclusivement réservés aux
interventions prévues à l'avance. «C'est aux autres services et à la
direction de voir comment articuler le problème. Nous on ne peut pas
prévoir combien de malades vont arriver aux urgences. Il y a des jours
où le manque de lits est gérable, pendant les vacances scolaires par
exemple, il y a moins de patients. Mais on ne peut pas prévoir le
verglas ou la grippe», raconte l'infirmier.

Et le problème ne vient pas seulement du nombre de pré-portes.
«Parfois, les services eux-mêmes nous envoient des patients qui ne se
sentent pas bien avant une opération par exemple. On nous demande de
leur trouver des lits. Mais on est pas gestionnaires de lits, on est
là pour faire de l'urgence!», poursuit Dimitri Boibessot.

Jusqu'à 20 pré-portes par jour
Si le personnel soignant est aussi remonté, c'est parce qu'il compte
entre 8 et 20 pré-portes par jour. Un chiffre énorme, d'autant plus
qu'il n'est pas reconnu par la direction de l'HEGP, qui estime que les
pré-portes sont en moyenne 5 par jour.

Une déclaration qui ne fait qu'agacer le personnel et les syndicats.
Pour la CGT, "ils refusent de reconnaître l'ampleur du problème. Il y
a des journées où l'on compte jusqu'à 20 pré-portes en attente de lits
libres!", explique Joran Jamelot, délégué de ce syndicat. "On sait
comment ça va se passer, les groupes de travail mis en place par la
direction de l'AP-HP vont calmer les choses provisoirement. Ils
sauront faire en sorte qu'au cours du mois, il n'y ait quasiment pas
de pré-portes. Mais la situation ne changera pas radicalement. Cette
fois on est parti dans un mouvement plus long, et on maintiendra la
pression. On attend des solutions à long terme, avec un accord qui
figure noir sur blanc".

Lundi après-midi l'intersyndicale CGT-SUD-FO a reconduit la grève à
l'unanimité. Le personnel gréviste des urgences reste assigné, et
applique le service minimum imposé au service public.

Demain mardi, les représentants du personnel de l'AP-HP manifesteront
devant le siège, avenue Victoria. Ils attendent de la direction une
amélioration de leurs conditions de travail, dans un hôpital qui
compte environ 50 000 passages par an.

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Published by sud-chu-caen - dans Hôpital en lutte

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