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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 08:14

Un appel d'offres a été lancé par une vingtaine de CHU pour réaliser un emprunt obligataire groupé d'environ 200 millions d'euros. Les hôpitaux de Marseille et Lyon, qui ont du mal à emprunter auprès des banques, espèrent récupérer respectivement 35 et 30 millions d'euros.

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Après les régions et les départements, les centres hospitaliers universitaires. Face à la crise de financement qui affecte la sphère publique locale, c'est au tour des CHU de se préparer à faire appel au marché obligataire. Un appel d'offres est en préparation par une vingtaine de CHU afin de désigner les banques et l'agence de notation chargées de réaliser une émission de 200 millions d'euros. Les hôpitaux de Marseille comptent récupérer 35 millions d'euros via cette opération, ceux de Lyon en espèrent 30 millions.

 

Les CHU avaient déjà eu recours à ce type de financements en 2009 et 2010, respectivement pour 250 et 167 millions d'euros. Les établissement ont de plus en plus de mal à emprunter auprès des banques, inquiètes devant l'ampleur des déficits de la sphère hospitalière et rebutées par les conséquences de la nouvelle réglementation qui exige d'elles un renforcement de leurs fonds propres. Le problème s'est également brutalement aggravé ces derniers mois avec le démantèlement de la banque franco-belge Dexia, qui était le premier acteur du marché et qui en est aujourd'hui totalement absent.

 

« Le secteur frôle l'asphyxie, assure Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France, le lobby des hôpitaux publics. De nombreux projets sont gelés et certains établissements ont même des problèmes de trésorerie pour assurer leurs dépenses courantes comme les salaires ». Même si l'ambition du plan Hôpital 2012 a été revue à la baisse, Dexia estime le programme d'investissement des hôpitaux à 5 milliards d'euros cette année. Finance Active, qui analyse les comptes des 500 premiers hôpitaux, a calculé de son côté que leur encours de dette atteignait 21,3 milliards d'euros, avec un taux moyen de 3,5 % contre 3,3 % l'an dernier.

Lyon réduit ses pertes

 

Sur le terrain, les directeurs hospitaliers tentent par tous les moyens de réduire leurs déficits. De 94,3 millions d'euros, il y a trois ans, la perte d'exploitation des Hospices civils de Lyon (HCL) a été ramenée à 29,4 millions pour le budget principal de 2011 et la vente d'actifs immobiliers à hauteur de 40 millions d'euros a permis terminer l'année avec un résultat consolidé positif de 9,6 millions. Un niveau de cession analogue est annoncé en 2012.

 

Pour autant, à ce stade, le deuxième CHU de France n'est pas certain de pouvoir tenir son objectif de ramener à 20 millions d'euros ses pertes courantes . « Tout dépendra de la dotation de l'agence régionale de la santé avec laquelle nous avons des divergences d'appréciation », reconnaît Daniel Moinard, directeur général des HCL. L'ARS lui a notifié sa décision de supprimer les crédits correspondant au volet aide à la contractualisation -dans le cadre des missions d'intérêt général et qui atteignent 44 millions d'euros. « Nous sommes prêts à accepter une réduction mais pas leur suppression. Ces crédits sont nécessaires pour que nous atteignons l'équilibre en 2013 ».

 

Le CHU doit également faire face aux frais financiers induits par sa dette qui atteignait 922 millions fin 2010. « Nous nous adaptons. Pour faisons des emprunts long terme pour financer du court terme car les contraintes sont moindres. Nous participons à l'émission obligataire pour un montant de 30 millions d'euros et souhaiterions encore élargir la palette avec des billets de trésorerie, ces obligations à court terme dont peuvent avoir accès les collectivités locales », détaille Julien Samson, DG adjoint des HCL.

 

De son côté la délégation Rhône-Alpes de la Fédération hospitalière de France, qui estime qu'une dizaine d'hôpitaux sont confrontés à des risques de liquidités, organisera le 14 juin prochain une réunion avec les établissements bancaires. « Nous voulons les convaincre que malgré la crise, les hôpitaux sont de vieilles institutions stables. Et que leur signature a de la valeur », plaide Robert Reichert, délégué interrégional.

Aubagne gèle des projets

 

Confrontés au resserrement du crédit, et au doublement de leurs frais financiers à plus de 3 millions d'euros en 2012, les hôpitaux de Marseille ont décidé de geler le projet de biogénopole et d'accélérer la vente de leur patrimoine immobilier. Non loin de là, l'hôpital d'Aubagne fait plus grise mine encore : endetté à 8% de son budget, ne dispose plus d'aucune capacité d'autofinancement ni de possibilités d'emprunts. Faute de ressources, il a renoncé à plusieurs investissements courant comme le renouvellement des ascenseurs ou de certains équipements médicaux pour un total de 1,5 million d'euros, et le délai moyen de paiement des fournisseurs est passé à 8 mois....

Lens recapitalisé

 

Le premier hôpital du Pas-de-Calais va mieux. En très grave difficulté l'an dernier, avec un déficit cumulé de 33 millions d'euros, et face au refus des banques d'alimenter sa ligne de trésorerie de 20 millions d'euros, l'établissement a frisé la cessation de paiement. Mais une forme de « recapitalisation » est venue en urgence abonder ses fonds propres, en deux tranches successives de 6 millions pendant l'été puis 19 millions d'euros en novembre. «Il ne s'agissait pas de combler le déficit, mais bien d'inscrire ces sommes en fonds propres », souligne le directeur de l'agence régionale de santé, Daniel Lenoir. L'établissement, sous administration provisoire, prévoit un retour à l'équilibre en 2014 mais considère que sa structure pavillonnaire génère de notables surcoûts de fonctionnement.

Dijon contrôlé par l'IGAS

 

Avec 6 millions d'euros de déficit enregistré sur son exercice 2011 et un budget de 500 millions, le CHU de Dijon cumule 41 millions de pertes sur sept ans. Cette situation préoccupante, mais «loin d'être catastrophique», selon la direction de l'établissement a conduit l'Inspection générale des affaires sociales à effectuer une mission de contrôle depuis 2 ans. Le plan de rigueur qui en découle prévoit 3,7 millions d'euros de pertes en 2012, une réduction des investissements financés par l'établissement de 128 à 114 millions sur trois ans, 90 postes en moins cette année, le non remplacement de certains médecins et une baisse du recours aux heures supplémentaires pour les personnels non médicaux.

 

Engagé dans un programme de 300 millions d'euros, baptisé Bocage Central, afin de regrouper ses deux sites sur un seul, l'établissement espère vendre ses locaux vacants pour 15 millions d'euros. «Nous avons réuni tous nos banquiers et avouons que dans cette conjoncture de restriction générale du crédit, il ne nous sera facile de solliciter de nouveaux emprunts importants», indique la direction.

Source : Les Echos

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Published by sud-chu-caen

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