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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 14:30

Toilettes bâclées, repas expédiés : la journée de grève des personnels des maisons de retraite du CCAS de Toulouse a mis en avant les mauvaises conditions de travail et d'hébergement dans ces établissements.

 

Ça ne s'était pas vu depuis les grèves pour les 35 heures en 2002. Jeudi 26 juin, à l'appel des trois syndicats Sud, CGT et FO, les personnels des 17 établissements d'accueil pour personnes âgées gérés par le centre communal d'action sociale (CCAS) de la ville de Toulouse ont cessé de travailler pour venir crier leur désarroi devant les portes du Capitole.

 

Ce mouvement, qui couvait depuis plusieurs semaines, a trois origines combinées pour créer une situation devenue explosive : le sous-effectif chronique estimé à une quarantaine de postes par le syndicat Sud collectivités territoriales, la dégradation des conditions de travail qui en découle, et ses conséquences sur la qualité de la prise en charge de personnes de plus en plus âgées et dépendantes.

 

Dans le préavis de grève adressé au maire de Toulouse et président du CCAS, les salariés des neuf EHPAD (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) de la ville (qui accueillent quelques 700 résidents) dénoncent d'abord le dangereux glissement des tâches qui, après quatre jours de formation expresse, conduit les agents de service normalement dédiés aux travaux d'entretien, à administrer les repas ou à prendre en charge la toilette des pensionnaires en lieu et place des aides soignantes diplômées mais débordées par la masse du travail à accomplir en un temps record.

 

«Dans l'EHPAD Pierre Ducis de Casselardit, la charge de travail est telle, que les aides soignantes n'ont que neuf minutes à consacrer à la toilette de chaque pensionnaire», déplore un élu du CHSCT.

 

Résultat : «Les pieds ne sont plus lavés qu'une fois par semaine.» Et dans certains autres établissements le manque de personnel contraint d'ajourner les douches hebdomadaires des pensionnaires grabataires.

 

Mais c'est au moment des repas que la situation devient la plus critique. «Ceux-ci doivent être administrés en une dizaine de minutes à des patients le plus souvent privés d'autonomie.» Cette précipitation est dangereuse pour les résidents. «Certains sont victimes de fausses routes parfois génératrices de complications pulmonaires. D'autres n'ont pas le temps de terminer leurs repas.»

 

Selon les organisations syndicales qui manifestaient le 26 juin, cet inconfort chronique des résidents confine désormais à une maltraitance ordinaire générée par le manque de moyens. Pour les salariés, la gestion au jour le jour de la pénurie de personnel se traduit par des coups de canifs réguliers dans le code du travail : les 36 heures consécutives de repos hebdomadaires prévus par les textes sont parfois réduites à seulement 24 heures, et il arrive que les plannings de travail réalisés en fonction des effectifs disponibles ne soient communiqués que la veille pour le lendemain, selon les syndicats.

 

Dans un tract édité en avril 2013, Sud collectivités territoriales pointait déjà, les conséquences de ces conditions de travail tendues à l'extrême : à l'EHPAD des Tourelles, cité comme un exemple extrême, «les arrêts de maladie (étaient) en augmentation de 300 %.» Un an plus tard les causes de cet absentéisme sont toujours en place dans les EHPAD toulousains.

 

Propositions avant fin juillet

 

Christophe Alves, vice président du CCAS et adjoint en charge des affaires sociales au Capitole précise avoir sollicité une réunion auprès de l'agence régionale de santé (ARS) qui accorde les crédits de fonctionnement dont dépendent les créations de postes dans les EHPAD. Celle-ci devrait se tenir à la rentrée. D'ici là, l'élu qui affirme que «le maximum doit être fait pour assurer la sécurité des personnes âgées et des agents», souhaite «obtenir des réponses précises sur les glissements de tâches», et souhaite «que, d'ici la fin juillet, un certain nombre de propositions puissent être faites.»

 

Source: LADEPECHE.fr

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Published by sud-chu-caen - dans Hôpital en lutte

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