Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 12:23

L'hôpital d'Auch pâtit d'un fort absentéisme. La nouvelle direction entend bien couper la racine du mal à la faveur d'un projet d'établissement, qui doit rendre à l'hôpital son attractivité.

 

«Je passe plus de temps à corriger les tableaux de service et à rappeler les personnels qui sont en repos qu'à faire mon travail»(!). Ce constat désabusé d'un cadre hospitalier, beaucoup d'autres salariés du centre hospitalier d'Auch le partagent. Les effectifs de l'établissement de santé sont à flux tendu dans de si nombreux services qu'il faut constamment avoir recours aux heures supplémentaires pour boucher les trous de l'organigramme et assurer le suivi des soins. Le résultat : des équipes paramédicales où le ressentiment prend de l'ampleur, et des unités de soins parfois très perturbées à la moindre absence d'un médecin.

 

Alors que se profilent les élections professionnelles dans la fonction publique en décembre, les syndicats soufflent sur les braises. La CGT évoque le manque de moyens et de personnels, «la très grande souffrance des salariés hospitaliers». Le syndicat, majoritaire, pointe du doigt une politique de santé «à Auch qui ne suit pas les besoins ni les nécessités du service public». FO n'est pas en reste, qui relance la question du paiement des heures accumulées par les personnels, les heures supplémentaires de ces salariés n'étant pas majorées, en dépit des contraintes que les rappels constants font peser sur leur vie privée. «On fait de plus en plus revenir les gens sur les jours de repos, s'indigne un employé de l'hôpital. Toutes ces heures, ça ouvre des droits, mais comment les payer ? La norme, ce serait de régler ces retards dans l'année en cours, mais l'hôpital n'a pas le budget pour ça.» Rapidement, les personnels hospitaliers parlent du salaire payé aux médecins contractuels. Ces praticiens viennent à l'hôpital combler les manques dans les services. Et ils sont payés à un très bon salaire. A FO, on s'insurge de voir certains de ces médecins toucher ainsi «1 500 € par jour, alors que les directions refusent de donner satisfaction aux autres salariés» ! Les médecins titulaires ne sont pas en reste. Certains, sous le couvert de l'anonymat, ne cachent pas leur inquiétude de voir leurs équipes «lessivées par les repos écourtés». Même s'ils garantissent que le service et la qualité de celui-ci sont maintenus, ils reconnaissent que «cela n'est pas tenable pour ceux qui assurent le service». «Nous sommes parfois dans le même cas. Il y a peu de médecins titulaires, et il suffit d'un médecin malade pour ralentir ou stopper tout le service.»

 

 

 «Il faut un projet fort pour l'hôpital d'Auch»

 

Le nouveau directeur de l'hôpital d'Auch, Julien Couvreur, arrivé en avril, le reconnaît : «La gestion de l'absentéisme embolise l'encadrement de l'hôpital, et l'empêche de se consacrer à son travail».

 

A ses yeux, le remède se trouve dans le mal. L'absence de projet d'établissement. «Il n'y en a plus depuis 2009. Or, c'est le seul moyen de rendre de l'attractivité à cette structure. Cette attractivité aura plusieurs conséquences. Elle permettra de recruter des médecins, et de réduire l'emploi de médecins vacataires.»

 

Ces médecins contractuels, payés au prix fort, représentent 10 % du nombre des praticiens de l'hôpital. Réduire le recours à cette main-d'œuvre signifie réduire le déficit global — «autour de 3,5 millions d'euros» — et les pénuries récurrentes de médecins. Le projet d'établissement vise à rétablir l'équilibre des comptes, mais comporte aussi un projet social. «Il traitera de la question des heures supplémentaires des agents, mais aussi de la formation. Il y a beaucoup de personnels à accompagner dans une formation et une évolution professionnelles, pour éviter justement un épuisement professionnel.» Une analyse poussée doit être menée pour comprendre les origines de cet absentéisme, ainsi qu'une réorganisation des services. «L'absentéisme pénalise les agents, l'établissement et, et c'est le plus important, la qualité de prise en charge du patient», assure le directeur.

 

Pour faire du cercle vicieux actuel un cercle vertueux, le temps presse : «Avec la construction du futur EHPAD, nous devons fusionner deux équipes, et la date butoir pour régler la question du nombre de personnels, c'est mars 2015.» Le projet d'établissement doit être établi pour le premier trimestre 2015. «Les premières réunions démarrent dès ce mois-ci».

 

 

Le chiffre : 1250

 

salariés >A l'hôpital. C'est le nouveau directeur des ressources humaines, arrivé en août, qui doit gérer cette masse salariale.

 

 

Le casse-tête de l'absentéisme

 

Le président du conseil médical d'établissement (CME), le Dr De Chirée, l'affirme : «Le fort taux d'absentéisme de l'hôpital d'Auch n'a pas été pris en compte avant. À présent, l'équipe administrative est au complet, depuis le nouveau directeur jusqu'au directeur de la logistique, et les compétences sont là». Dans cette situation où l'absence des uns a des conséquences sur la santé — et à terme la présence — de ceux qui les remplacent, «difficile de savoir qui est l'œuf et qui est la poule : l'un nourrit l'autre !» Le président du CME, bien conscient du flux tendu qui menace les équipes et les médecins, voit d'un bon œil l'action de la nouvelle direction, «qui va devoir prendre le problème à bras-le-corps».

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by sud-chu-caen

Présentation

  • : Le blog de sud-chu-caen
  • Le blog de sud-chu-caen
  • : Site du syndicat SUD Santé du CHU de CAEN
  • Contact

Recherche