Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 19:10

article_URGENCES-ROUBAIX.jpg

 

HOPITAUX - Malgré une action ministérielle pour désengorger les urgences, d’autres revendications sont soulevées par les urgentistes...

 

Les urgences souffrent. Manque de moyens, temps d’attente interminables, démissions, manque d’attractivité du métier d’urgentiste. A l’occasion de la tenue de la deuxième édition des assises de l’urgence mercredi 15 mai, 20 Minutes revient sur la situation des urgences des hôpitaux publics en France.

De l’avis du public et des autorités, le plus gros problème des urgences des hôpitaux publics français dans lesquels passent plus de 15 millions de patients chaque année, ce sont les délais de prise en charge des patients. Dans certains services d’urgence, l’attente peut atteindre deux, quatre voire dix heures dans certains cas. «C’est une plainte bien fondée», admet le Dr Marc Giroud, président de Samu-Urgences de France.

 

Engorgement des urgences


Pendant longtemps, «la prise en charge de cas bénins par les urgences » a constitué la raison expliquant l’engorgement des urgences pour les autorités de santé. Pour Marc Giroud, cet argument ne tient pas car «ces cas ne sont pas pris en charge en priorité, contrairement aux accidentés ou aux problèmes cardio-vasculaires par exemple. Par ailleurs, les cas “légers” vont être traités entre deux autres patients». Il souligne aussi que les urgences apportent un réel service public aux populations en leur permettant d’accéder, sans avancer de frais, à un service de qualité, une prise en charge globale avec un diagnostic précis à la sortie.

 

«Le vrai problème concerne la gestion de l’”aval”, c’est-à-dire la sortie des malades du service d’urgences et leur affectation dans un service approprié.» Ainsi les urgentistes se plaignent de passer trop de temps au téléphone à «chercher un lit» pour leurs malades. Activité chronophage et qui ne devrait pas être à leur charge, selon Samu-Urgences de France. «C’est à l’hôpital, dans sa globalité, que doit revenir cette charge et non pas aux urgentistes», explique Marc Giroud.

 

Lettre ouverte à Marisol Touraine, la ministre de la Santé

 

C’est pourquoi Samu-Urgences France et l'Amuf (association des médecins urgentistes de France) ont fait savoir par le biais d’une lettre ouverte à Marisol Touraine, ministre de la Santé, qu’à partir du 15 octobre 2013, les urgentistes ne s’occuperont plus du placement de patients. «A partir de cette date, lorsqu’un malade sera à placer, les urgentistes appelleront le chef d’établissement», explique Marc Giroud. Cette tension à gérer l’aval, la souffrance devant des patients laissés sur leurs brancards en attente d’une place est à l’origine d’un ras-le-bol chez bon nombre d’urgentistes du public. Poussant certains à démissionner, comme Pierre Taboulet, qui a quitté son poste de chef du service des urgences de l’hôpital St-Louis (Paris 10e) en février dernier ou encore des urgentistes à des hôpitaux de Thonon-les-bains, Grenoble, Roubaix, Strasbourg.

 

Création de postes de gestionnaires de lits dans 150 établissements

 

«Nous avons réussi à convaincre la ministre sur la gestion de l'aval», se réjouit le président de Samu-Urgences de France. En réponse au problème de la sortie des urgences, Marisol Touraine a annoncé en mars 2013 la création, sur 18 mois, de postes de «gestionnaires de lits» dans 150 établissements sur les 640 environ existants, après un test jugé concluant à l’hôpital St-Joseph (Paris 14e). Bien que Marc Giroud voit cette mesure comme «une bonne nouvelle car elle va dans le bon sens», il déplore que la mise en place de ces solutions soit «trop lente et trop limitée», puisque Samu-Urgences attend des actions d’ici le 15 octobre et aussi plus de postes de gestionnaires de lits. Et de préciser: «Tout ce que nous faisons, c’est parce que le système est en péril. Le risque c’est qu’il n’y ait plus d’urgentistes, ni d’urgences.»

 

«Mais il y a d’autres problèmes avec des solutions à trouver au cas par cas», estime le président de Samu-Urgences de France. Au-delà de ces nouveaux postes de gestionnaires de lit, les services d’urgences se plaignent du manque de moyens médicaux et infirmiers pour assurer une bonne qualité de service et de l’ingratitude du métier d’urgentiste. Mais Marc Giroud a bien conscience que tous les changements ne pourront pas se faire d’un coup. Le premier chantier concerne la gestion des avals: c’est en cours. Le second, sur l’attractivité du métier pour éviter l’hémorragie des services, sera le sujet des assises de l’urgence qui se tiendront à partir du mercredi 15 mai.

Source: 20 minutes

Partager cet article

Repost 0
Published by sud-chu-caen

Présentation

  • : Le blog de sud-chu-caen
  • Le blog de sud-chu-caen
  • : Site du syndicat SUD Santé du CHU de CAEN
  • Contact

Recherche