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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 17:17

Lettre ouverte du syndicat Sud santé Sociaux Du Centre Hospitalier Guillaume Régnier de Rennes

 

arton881

 

Etablissement public spécialisé en psychiatrie, le centre hospitalier Guillaume Régnier de Rennes ne peut plus remplir ses missions. Les conditions d’accueil et de soins sont devenues indignes et intolérables. Nous alertons depuis plusieurs mois les tutelles et la direction sur cette situation extrêmement préoccupante : Les patients ont d’abord été accueillis sur des lits de malades partis en permission, puis des lits supplémentaires ont été installés dans les unités au mépris du respect de l’intimité des patients. Aucune proposition d’amélioration véritable n’a été proposée. Ce n’est pas l’invitation incantatoire, répétée en boucle par la direction et l’ARS, à créer des alternatives à l’hospitalisation qui peut répondre à l’urgence de la situation.

 

Ces dérives ne suffisant plus à la demande croissante des admissions, la direction vient sans honte d’autoriser des hospitalisations sur des matelas à même le sol ! Ce « bricolage » scandaleux met directement en péril les prises en charge thérapeutiques : de très nombreux patients accueillis souvent hors de leur secteur d’origine, ne peuvent bénéficier d’une continuité des soins puisqu’ils sont mutés d’une unité ou d’un service à l’autre au gré des lits qui se libèrent. La succession de multiples intervenants provisoires ne permet pas d’établir une relation de confiance et de mettre en place un projet de soins cohérent. Les équipes, réduites depuis des années à l’effectif minimum (devenu la norme), ne peuvent garantir la sécurité des patients accueillis en surnombre : les services de 20 lits accueillent régulièrement 24 patients, sans compter ceux partis en permission à qui on demande souvent de différer leur retour. Certains patients en grande souffrance attendent des heures sur des chaises qu’une place se libère. Plusieurs suicides se sont produits ces derniers temps dans les services d’hospitalisation ou après une sortie (anticipée ?) sous la pression du manque de lits. Le coefficient d’occupation des lits est passé de 80% en 2000 à près de 98% en 2010, dont 114% pour certains services. La durée moyenne de séjour a diminué de 8 jours sur la même période. Comment, dans ces conditions, trouver du sens dans son travail de soignant quand le temps dévolu aux patients se réduit à peau de chagrin et que la principale préoccupation est de trouver un lit ? Comment une direction responsable peut-elle annoncer qu’il est nécessaire de diminuer à nouveau fortement le nombre de lits alors que les projections démographiques sur le bassin rennais prévoient une augmentation de 100 000 habitants ? Nous ne devons nous résoudre à la banalisation de ces pratiques choquantes. Cette situation est la conséquence de la politique menée depuis quelques années par une direction obnubilée par le seul équilibre budgétaire. Le rôle d’une direction et des tutelles, c’est aussi de veiller au bon fonctionnement de l’établissement de soins et de garantir la sécurité des patients et des soignants.

 

Une nouvelle fois nous interpellons les tutelles pour que cesse ce scandale sanitaire.

Source : SUD Santé

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Published by sud-chu-caen - dans Hôpital en lutte

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