Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 08:09

Le CSFPH s’est tenu le 26/06/2012, en présence de Marisol Touraine, Ministre de la Santé.

Vous trouverez ci-dessous, notre déclaration liminaire lu lors de la séance.

 

Madame la Ministre, Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs

 

Pour la Fédération SUD Santé Sociaux, suite au changement de gouvernement, les attentes des personnels sont fortes. Les différentes réformes, notamment dans le sanitaire et le médico-social, qui se sont empilées depuis des années, sans concertation, ont déstabilisé les personnels et dégradé leurs conditions de travail La loi Hôpital Patients Santé et Territoires en est la parfaite illustration. Nous demandons l’abrogation de cette loi, nous considérons que des mesures urgentes doivent être prises immédiatement afin de stopper la dérive marchande du secteur sanitaire. Ainsi au CHU de Tours on regroupe un service de grands brulés avec celui de réanimation neuro traumatique à des seules fins comptables, faisant fi des prises en charges spécifiques à ces deux spécialités et à leurs conséquences (Maladies nosocomiales….) Il faut décider d’un moratoire sur les restructurations et les fermetures d’établissements dans le sanitaire et le médico-social afin de garantir l’accès aux soins pour tous et partout.

 

Perte de sens du travail, démotivation, fuites des professionnels sont souvent évoqués. La gestion des établissements à flux tendu entraîne des dérives : plannings chamboulés, rappels à domicile, heures supplémentaires imposées. La généralisation des horaires atypiques comme les amplitudes en 12 heures, voire 12h30, indique une fuite en avant des directions pour économiser en théorie des effectifs, et aussi pour certains personnels afin de venir travailler moins souvent. L’extension récente de telles amplitudes engendre un développement des accidents de trajet, de travail… lié à une baisse de vigilance et qui dans la gériatrie risque fort d’engendrer une maltraitance pour les résidents. Nous souhaitons vivement une pause et une réflexion sur les conséquences de tels horaires. L’augmentation de l’absentéisme dans certains secteurs est aussi le signe d’un mal être au travail. On assiste aussi à des phénomènes d’explosion des heures supplémentaires et de burn-out chez les personnels concernés.

 

De nombreux établissements se trouvent en difficulté financière du fait de la tarification à l’activité qui ne valorise pas toutes les prises en charge, la baisse des MIGAC et l’explosion des frais financiers. Certains établissements privés non commerciaux sont menacés de cessation de paiement. Des correctifs budgétaires doivent être trouvés en attendant une réforme radicale des critères de financement des établissements de santé. La tarification à l’activité qui favorise les actes techniques au détriment d’une prise en charge globale des patients doit être abandonnée et surtout pas étendue à la psychiatrie et aux soins de suite. Ainsi pour l’IVG, la sous-évaluation à conduit à la fermeture de centres, contrevenant de fait à ce droit. Le projet de loi de financement de la Sécurité-Sociale pour l’année prochaine devra être en rupture avec les précédents.

 

Des hôpitaux poursuivent leurs plans d’économies avec des suppressions d’emplois comme à Saint Denis ou dans les EPSM du Nord, alors que ces établissements sont situés dans des bassins de vie défavorisés. Nous réclamons le gel des plans d’économies et des suppressions d’emplois. Les blocages et disparités salariales persistent. Au-delà de notre volonté de voir aboutir une grille unique de salaires dans notre secteur quelque soit le statut ou la convention collective, des mesures immédiates doivent être prises pour revaloriser les bas salaires et obtenir une véritable égalité salariale, tant dans le secteur public que privé. Le gel des salaires doit être levé et le point d’indice revalorisé. Concernant le scandaleux chantage au droit d’option pour les infirmières et personnels paramédicaux, nous souhaitons une révision de ces dispositions. A un moment où les conditions de travail n’ont jamais été aussi dégradées, la perte de la catégorie active dans ce contexte est particulièrement scandaleuse. Il faut aussi stopper la destruction des conventions collectives de notre secteur et ouvrir de véritables négociations pour une convention collective commune de haut niveau.

 

 

 

Nous souhaitons vivement aussi l’arrêt de l’individualisation des salaires et des carrières et l’abandon immédiat de la prime de fonction et de résultat. Cette prime remet en cause des pans entiers du statut de la fonction publique hospitalière. Nous avons aujourd’hui besoin de consolider les solidarités dans les équipes de travail et surtout ne pas apporter de divisions supplémentaires.

 

La réforme des études paramédicales liée au processus LMD entraîne des modifications importantes pour les formations infirmières avec pour conséquence un taux d’échec prévisible accru pour le prochain DE. Nous sommes aussi très inquiets quant au niveau professionnel des futurs diplômés. Une remise à plat de cette formation s’impose en urgence.

 

Si nous avons pris bonne note de votre intention de réintroduire la notion de service public, qu’en est-il des structures de coopération, comme les groupements de coopération sanitaire, dans lesquelles le secteur privé commercial récupère les activités les plus lucratives ? Nous souhaitons aussi que le statut des établissements de santé privés d’intérêt collectif soit revu et que leur participation au service public soit réaffirmée.

 

Concernant la psychiatrie, une nouvelle loi cadre est indispensable mais devra faire l’objet d’une véritable concertation préalable avec toutes les parties concernées. Immédiatement, il faut stopper l’expérimentation des médiateurs pairs-aidants. A ce titre, Madame la Ministre, nous espérons que vous recevrez rapidement la délégation intersyndicale des EPSM du Nord afin d’entendre les propositions qu’elle estime urgent de mettre en place.

 

Pour terminer, le changement doit aussi passer par une démocratie sociale refondée. En préalable, les ordres professionnels des paramédicaux rejetés par la majorité des personnels concernés, doivent être abrogés. Concernant les droits syndicaux, le récent décret de la fonction publique hospitalière régressif devra être renégocié et amélioré. Au-delà, nous constatons de nombreux blocages dans les établissements de santé et des difficultés de plus en plus grandes pour l’utilisation du crédit de temps syndical. Plus largement le droit d’expression autonome des personnels devrait être favorisé dans tous les établissements. Les reports récurrents des réunions de concertation avec les OS et la discrimination syndicale galopante dans les établissements (Saintes, Flers, Fréjus, St Malo….) ne vont pas dans ce sens et réclame une réaction rapide qui rappelle ce besoin essentiel de démocratie

 

Partager cet article

Repost0
Published by sud-chu-caen

Présentation

  • : Le blog de sud-chu-caen
  • : Site du syndicat SUD Santé du CHU de CAEN
  • Contact

Recherche