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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 17:05

Un résultat d'analyse, voire de psychanalyse lorsqu'il révèle des psychoses et des violences que le monde du travail provoque et exacerbe, n'est jamais facile à avouer au patient.

 

Dans le cas présent, les patients affectés, ce sont les agents de l'hôpital de Cahors. 524 agents hospitaliers ont répondu à l'audit sur la souffrance au travail dont le cabinet SECAFI a communiqué les résultats au Comité d'hygiène de sécurité et des conditions de travail de l'hôpital (CHSCT).

 

La synthèse du rapport évoque «un niveau de risque psychosocial alarmant. L'organisation du travail est mise en avant comme le premier facteur de risques exprimé par les agents», précise ce rapport accablant. Il met en évidence «les mauvaises collaborations avec la direction (pour 62 % des agents), avec les chefs de service (36 %) et les cadres (28 %), l'intensification de la charge du travail, la pression de l'encadrement et le manque d'effectifs (75 % des répondants)». La synthèse énumère d'autres maux qui torturent autant le corps que l'esprit.

 

Pour 45 % du personnel sondé, «la surcharge de travail et les pressions font qu'ils viennent avec la boule au ventre», précise l'audit. «72 % des agents craignent de commettre des erreurs en raison de la polyvalence qui leur est demandée. 34 % des agents sont exposés aux troubles musculo-squelettiques (TMS)». Plus grave encore, le rapport révèle que «les salariés ont des idées suicidaires liées à l'épuisement moral et à une fatigue persistante». Une tentative avait été confirmée lors de ces années noires hélas toujours d'actualité.

 

Un hôpital déshumanisé ?

 

Avant ces résultats, la délégation syndicale FO du centre hospitalier posait clairement la question : «la déshumanisation de l'hôpital est-elle en marche ?» et émettait l'hypothèse suivante : «Culpabiliser et fragiliser les agents semble être la technique de management à la mode». FO ne va pas jusqu'à comparer cette technique à celle qui a si souvent fragilisé et conduit des agents de France Télécom à commettre l'irréparable. Mais le doute est permis. FO reste vigilante.

 

La CGT, quant à elle, se montre souvent plus percutante en souffrant aussi… mais en osant. «Qui sait souffrir peut tout oser», a écrit le moraliste Vauvenargues. Parfois, celui qui ose s'impose. En ouvrant le bel écrin de l'hôpital, l'audit a osé révéler l'enfer du décor.

 

Le chiffre : 524

 

réponses >questionnaire. L'audit montrant «un niveau de risque psychosocial alarmant» a marché. «Le nombre de réponses (environ la moitié des salariés) montre que l'expertise avait toute sa raison d'être», estime le CHSCT de l'hôpital.

 

Quels remèdes faut-il prescrire ?

 

Tout n'est pas sombre dans la synthèse du rapport d'expertise sur la souffrance au travail : 65% des agents du centre hospitalier reconnaissent qu'ils aiment leur travail, même si l'audit révèle aussi que 49% des salariés «parviennent difficilement à concilier vie professionnelle et vie familiale». En conséquence, pour tuer le mal, les agents demandent «que la charge de travail réelle soit évaluée et que les ressources soient en adéquation avec cette charge».

 

Ils proposent également «d'avoir un management participatif, à l'écoute du personnel, avec la mise en place de groupes de parole et de réunions plus régulières». Les agents veulent aussi que leur hiérarchie «respecte le personnel et reconnaisse le travail fourni». Enfin, le personnel hospitalier réclame «les moyens de faire un travail de qualité». Ce sont leurs propositions. Ils attendent des actes.

Jean-Luc Garcia

la dépèche

 

 

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