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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 18:30

Un accord a été signé entre l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) et une société du Moyen-Orient pour développer les «voyages pour traitement». L'objectif : combler les déficits en appliquant des tarifs supérieurs à ceux présentés aux patients français.

 

Renflouer les caisses des hôpitaux en faisant payer plus cher les riches étrangers qui s'y rendent. L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a signé un accord en ce sens avec une société active au Moyen-Orient et partenaire d'Axa, Globemed, révèle LeJournal du dimanche (JDD). En clair, Globemed servira d'intermédiaire entre les patients de la région et les hôpitaux parisiens. Pour ces derniers, il s'agit de développer les «voyages pour traitement» en direction de la capitale française.

 

L'AP-HP, qui a essuyé une perte de 83 millions d'euros en 2011 pour un budget de 7 milliards, aimerait à terme que 1% de ses patients vienne de Russie, de Chine ou du Golfe, grâce à ce type d'accord. Jusqu'à présent, ces derniers profitaient des mêmes tarifs que les Français, alors même qu'ils étaient prêts à payer plus. «Il est anormal que la Sécurité sociale sponsorise les soins de gens aisés issus de pays qui n'ont pas de problèmes financiers», argumente Stéphane Fériaut, directeur du développement de l'AP-HP, cité par le JDD.

 

L'accord avec Globemed devrait permettre à l'AP-HP de leur appliquer des tarifs supérieurs à ceux de la Sécurité sociale. Des décrets doivent encore être publiés pour le permettre. D'autre part, ce système devrait limiter les impayés qui pouvaient survenir avec certains patients étrangers, selon Stéphane Fériaut. Côté Globemed, Elia Abdel Massih, directeur des services santé, est ravi «de pouvoir proposer les hôpitaux parisiens, très efficaces, à nos clients».

 

Les riches malades de Russie ou des Émirats chasseront-ils les Français des lits des hôpitaux? Aucun risque, assure l'AP-HP: les urgences, par exemple, ne seront pas concernées par l'accord, qui concerne les soins programmés à l'avance.

 

Les hôpitaux publics parisiens emboîtent ainsi le pas aux établissements de Marseille. Ces derniers ont signé un partenariat avec la chambre de commerce et d'industrie (CCI) afin de faire venir des patients étrangers «qui vont payer plein pot», comme l'expliquait mi-juillet Jacques Pfister, président de la CCI, au site espaceinfirmier.com (article ci dessous).

 

 

 

Marseille drague les riches patients étrangers

 

 

 

Avec la création du Pôle santé Méditerranée, l’Assistance publique des hôpitaux de Marseille (AP-HM) espère développer l’attrictivité de la région grâce à son offre de soin en chirurgie.

 

« Les patients qui viennent de l’étranger savent qu’ils vont payer plein pot. » Tout sourire, Jacques Pfister, président de la chambre de commerce et d’industrie de Marseille Provence (CCIMP), s’en félicite. C’est d’ailleurs pour cela que ce dernier s’est associé à l’Assistance publique des hôpitaux de Marseille (AP-HM) et à deux établissements privés aixois destinés aux soins de suite, Les Feuillades et Sibourg. Objectif de ce partenariat officialisé mi-juillet ? Développer l’attractivité marseillaise grâce à l’offre de soins locale.

 

Baptisé « Pôle santé Méditerranée », cet attelage promet surtout une démarche marketing en direction d’ambassades, d’assurances et de mutuelles basées à l’étranger. En janvier 2013, cela aboutira à la mise en place d’une structure de coordination destinée à orienter les patients étrangers vers des hôtels, des compagnies aériennes et autres services. « Il ne s’agit absolument pas de tourisme médical », réfute Jean-Paul Segade, directeur général de l’AP-HM, qui assimile cette expression à de la santé low cost. Jacques Pfister préfère parler d’excellence médicale qui, selon lui, va de paire avec le « développement économique ». Pour cause : il est question d’attirer les patients fortunés. « Nous pensons cibler les pays du Golfe », signale Zilé Solihi, directeur du pôle grandes entreprises à la CCIMP, vite repris par Jacques Pfister qui, pour sa part, pense davantage aux clients européens.

 

Une majorité d’Italiens

 

En la matière, les Marseillais n’innovent pas. D’autres, en France, ont déjà ouvert la voie ; notamment les hôpitaux lyonnais, qui mènent des opérations de ce type depuis plusieurs années. Selon le magazine Lyon Capitale, « en 2006, les Hospices civils de Lyon ont ainsi pris en charge 957 patients étrangers, dont près de la moitié d'Italiens ». Pour parvenir à rivaliser, le futur Pôle santé Méditerranée limitera son champ d’action à cinq disciplines de pointe : le Gamma knife (radiochirurgie), les chirurgies bariatrique, orthopédique, endocrine et la chirurgie de la main.

 

L’opération marketing vise à accroitre le nombre d’hospitalisations annuelles de l’AP-HM - quelque 125 000 - de 1 %. « On ne part pas de rien », prévient Jean-Paul Segade. L’AP-HM reçoit déjà régulièrement des patients étrangers. Ils constituent d’ailleurs 50 % des malades traités au Gamma knife. Au total, ce sont près de 1 200 étrangers qui, chaque année, se font hospitaliser à l’AP-HM. Parmi ces derniers, en 2011, la direction a recensé une majorité d’Italiens (317) et d’Algériens (182). Arrivent ensuite les Belges (89), les Espagnols (79) ou encore les Allemands (74).

 

De quoi s’interroger sur les difficultés linguistiques que peut poser l’accueil d’une telle clientèle. Pas question de s’inquiéter pour autant. Jean-Paul Segade veut se montrer confiant, y compris concernant ses effectifs soignants. « Nous avons 80 infirmières de plus par rapport à l’année dernière », tranche-t-il, avant d’ajouter : « Si les recettes augmentent, nous pourrons recruter. »

 

 

 

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Published by sud-chu-caen

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