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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 09:25

Passée en force avec le soutien de la CFDT, la réforme du temps de travail entre progressivement en application dans les services depuis début septembre. Les méfaits de cette réorganisation, dénoncée par une majorité de personnels, sont en train de se vérifier.

Le 1er avril dernier, Martin Hirsch, directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), signait l’arrêté fixant les nouvelles organisations de travail au sein de l’institution. Pour la direction, cette réforme « a pour objectifs de maintenir l’emploi au service des malades, d’améliorer la qualité de vie au travail et d’adapter les organisations aux besoins des patients et aux nouveaux modes de prise en charge ». Depuis le 1er septembre, la généralisation de la grande équipe, qui se définit par « l’alternance programmée des horaires continus de matin et d’après-midi », dans un « souci d’équité entre les personnels », se met en place progressivement dans les établissements, avec suppression de jours de congé à la clé. Cette « réorganisation », loin d’améliorer les conditions de travail, la qualité des soins et de concilier vie professionnelle et vie personnelle, crée au contraire des « traumatismes » dans les services, constatent les organisations syndicales Usap-CGT, FO, Unsa et CFE-CGC, qui se sont mobilisées hier, jour du conseil de surveillance de l’AP-HP.

Une méthodologie qui n’améliore pas les conditions de travail

« L’organisation du travail à l’AP-HP est tellement disparate que tous les établissements ne sont pas frappés de la même façon », constate Olivier Cammas, de l’Usap-CGT, notant cependant que les services de gériatrie sont particulièrement déstabilisés. C’est le cas de l’hôpital Joffre-Dupuytren de Draveil (Essonne). « Avant, on avait des équipes fixes, du matin ou de l’après-midi. Désormais, un agent est censé être 15 jours du matin puis 15 jours de l’après-midi, explique Jean-Marc Allouche, secrétaire du syndicat CGT de l’établissement. Du coup, des gens se retrouvent en grosse difficulté, car ils ne peuvent plus conjuguer vie privée et vie professionnelle ; beaucoup ont des difficultés de garde d’enfants… Et en cassant les équipes fixes, les patients, âgés, perdent leurs repères. Cette méthodologie ne va pas améliorer les conditions de travail ni la qualité des soins. »

« Ce que l’on dénonçait se mesure aujourd’hui à l’épreuve des faits », corrobore Olivier Youinou, délégué SUD santé à l’AP-HP, prenant l’exemple des transmissions inter-équipes. Dans les faits, les soignants n’ont plus qu’une dizaine de minutes de temps de chevauchement pour assurer les transmissions d’un service de 30 patients, ce qui risque d’engendrer des erreurs de soin. FO est très critique lui aussi : « C’est toute la vie des agents qui s’en trouve chamboulée. On avait promis aux agents des plannings fixes de 15 jours, or, dans certains services, les horaires changent du jour au lendemain. Et plus ça va, plus ça déteint sur les patients, dénonce Jean-Emmanuel Cabo, secrétaire du syndicat. On se retrouve dans des situations où les agents tournent sur un pôle, morts de trouille, avec la peur de se tromper, de tuer quelqu’un. Chaque jour, on constate une augmentation de l’épuisement des personnels. Ils démissionnent, demandent une disponibilité ou craquent. Mais la direction s’en moque. Ce qu’elle veut, c’est avoir une plus grande flexibilité des personnels pour organiser le travail en fonction des pics d’activité. »

« Cette réforme vise à faire des économies budgétaires sur la masse salariale. Nous devenons corvéables à merci », dénonce Jean-Marc Allouche, qui, comme ses collègues, fustige la gabegie de l’AP-HP, qui fait payer ses erreurs de gestion au personnel. La direction choisit en effet de récupérer 25 millions d’euros sur le dos des 77 000 agents mais, dans le même temps, perd 80 millions d’euros de facture et offre un parachute doré à son ancienne directrice. Pour Jean-Emmanuel Cabo, il n’y a qu’une chose à faire : « Se mobiliser. La pierre angulaire, c’est le retrait de la réforme, après on discutera. »

Source: humanite.fr

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