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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 12:16

Il en a fallu de peu pour qu'une simple crise d'asthme vire au drame, samedi dernier à Vire. Que serait-il arrivé à cette jeune femme sans la prise en charge rapide des urgentistes? Un scénario qui inquiète Daniel Hélouin qui pousse un coup de gueule.

L’après-midi touche à sa fin en ce samedi 24 octobre. Dans un quartier de Vire, une jeune femme âgée de 24 ans est seule chez elle. Victime d’une crise d’asthme aiguë liée à une allergie, elle commence à suffoquer. Heureusement, un membre de sa famille, par alliance, une vieille dame âgée de 84 ans, arrive par hasard chez elle. Elle prend la mesure de l’urgence et compose le 15. Pendant ce temps-là, son fils, Daniel Helouin, fait la route pour les rejoindre.

Arrivé sur place, le Virois découvre que deux ambulanciers ont pris en charge la jeune fille qui est l’amie de son neveu. « Ils lui ont mis un masque à oxygène et ensuite ils se sont occupés de remplir une fiche, tout en étant au téléphone. Il fallait trouver la carte vitale de la jeune fille, mais elle ne pouvait plus parler et nous, nous ne savions pas où était son sac… Je n’ai rien contre ces ambulanciers qui ont certainement suivi la procédure, mais j’ai été étonné de ce besoin de paperasses à ce moment-là », raconte Daniel Heloin.

« Le mépris
du citoyen
»

À leur arrivée aux urgences de Vire, les médecins ont immédiatement pris en charge la jeune fille. Il n’a pas été nécessaire de l’intuber. « J’ai bien senti une certaine effervescence autour d’elle. J’ai attendu et on est venu me dire, « c’est mieux maintenant », ajoute-t-il. La jeune fille est restée en observation jusqu’au lendemain. « Les médecins ont été supers. Ils ont fait preuve de beaucoup de pédagogie pour la rassurer ». Aujourd’hui, elle se porte mieux.

L’ histoire se termine donc bien. Mais elle soulève beaucoup de questions pour le Virois qui n’est pas convaincu que dans le cas d’un transfert vers les urgences de Flers ou de Caen, l’issue ait été aussi concluante. « J’ai appris comme tout le monde que les urgences de Vire étaient menacées de fermeture ou peut-être qu’elles seraient transférées à la clinique. Je ne comprends pas cette logique financière. Est-ce que la santé doit être rentable ? Il ne faut pas de gabegie, ça va de soi, mais nous sommes dans un des pays les plus riches du monde et c’est sur la santé qu’on rabiote. C’est le mépris du citoyen qui me met en colère ».

Daniel Hélouin regrette aussi le flou qui entoure l’accès aux services de secours. « Lorsque ma mère a appelé les secours, aurait-elle dû faire le 18, le 112 ? Pourquoi une ambulance a été envoyée au lieu des pompiers ou du Smur, on ne sait pas vraiment. Au travers d’un appel téléphonique difficile de dire si la pathologie a été sous-estimée. Il faut tout de même savoir que 1000 personnes meurent chaque année à cause d’une crise d’asthme aiguë ».

« On a perdu la foi »

Daniel Hélouin en appelle aux politiques, mais aussi aux citoyens. Pour les premiers, il réclame plus de cohérence. « On nous parle de projets économiques structurants pour le territoire, mais s’il n’y a plus de soins dans le Bocage, personne ne viendra s’installer ici ». Quant à la démarche citoyenne, l’ancien professeur d’histoire-géo regrette le manque d’implication des habitants du Bocage lors des dernières manifestations de soutien organisées pour sauver l’hôpital virois. « On a perdu la foi. On se dit que c’est aux politiques de faire ».

Au travers de ce coup de gueule, le Virois milite pour une vie rurale de qualité où les services publics seraient aussi efficaces que ceux proposés aux gens de la ville. Presque désabusé, il ajoute : « je me demande quel pouvoir ont encore nos élus ? ».

Source: lavoixlebocage.fr

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