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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 08:56
Les hôpitaux bas-normands en situation d’urgence !

La situation financière des hôpitaux publics bas-normands est dramatique. Mais la médecine générale a su s’organiser.

En matière de santé, le premier sujet de la nouvelle donne normande n’est pas la reconstruction du CHU de Caen, comme on pourrait le penser.

Certes, cet immense chantier, unique en France, voire en Europe, va s’échelonner sur une dizaine d’années. Non, l’urgence concerne l’offre hospitalière publique « inadaptée, trop éclatée ».

Les hôpitaux bas-normands comptent parmi les plus endettés de France, les plus surveillés à Paris. Un exemple parmi d’autres : les dettes Urssaf des hôpitaux bas-normands représentent 40 % de la dette nationale. Ces deux dernières années, les aides nationales d’urgence versées par l’État pour assurer les fins de mois, ont coûté 140 millionsd’euros. Depuis 2012, les banques ne veulent plus boucher les trous.

Pourquoi les hôpitaux bas-normands souffrent-ils autant ? « Leur réorganisation est en retard par rapport à d’autres régions comme la Haute-Normandie », assure un expert en santé. La clinique Saint- Martin à Caen comme locomotive, le secteur privé n’a pas cette problématique. Plus peuplée, la région voisine a redessiné le paysage autour des trois établissements principaux de Rouen, Le Havre et Évreux - Vernon.

Tous déficitaires

En Basse-Normandie, « la quarantaine d’établissements hospitaliers sont quasi tous déficitaires. Les recettes n’équilibrent pas les charges. La situation est très inquiétante », confirme Monique Ricomes, directricede l’Agence régionale de santé de Basse-Normandie, en charge par le gouvernement d’un regroupement des deux ARS de Normandie.

« Les équipes sont en grande fragilité pour recruter des médecins et constituer des ensembles stables et pérennes afin d’assurer un service de qualité 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. » Cette impasse financièremajeure conduit à des soins de moindre qualité et prive les établissements de l’accès à l’innovation et àl’investissement.

L’ARS de Basse-Normandie semble avoir pris le taureau par les cornes. « Nous travaillons avec tousles acteurs de la santé, en lien avec le rôle-pivot du nouveau CHU de Caen en 2025. Les élus ont un rôle indispensable. Mon objectif, assure la directrice de l'ARS, est de maintenir la qualité et la sécurité des soins dans toutes les structures hospitalières, de concilier technicité et proximité."

Un nouveau schéma sanitaire est d’autant plus incontournable que le « virage ambulatoire » est clairement affiché au niveau national. Cela veut dire : limitation des séjours à l’hôpital, hausse de l’hospitalisation de jour, développement des soins de suite et de réadaptation.

Trente pôles de santé

Directeur du CHU de Caen depuis fin 2009, Angel Piquemal est encore plus clair. « Ce n’est surtout pas la fusion des deux régions qu’il faut craindre, dit-il. Le principal risque, c’est nous ! Notre offre hospitalière est beaucoup trop dispersée. Elle nous met en danger. Les équipes médicales sont trop petites. Le nouveau CHU, en 2025, est une opportunité extraordinaire qu’il ne faudrait surtout pas gâcher. »

La Basse-Normandie compte 23 services d’urgence, c’est près d’un tiers de trop, au regard d’un équilibre territorial et financier. « Les patients connaissent l’ordonnance, les élus beaucoup moins », objecte Antoine Leveneur, président de l’Union régionale de médecins libéraux. Il cite un cas : « Le nouvel hôpital de la Côte fleurie n’a rien à voir avec un enjeu sanitaire. C’était un enjeu d’élus. »

Sa maternité a fermé fin novembre 2014, un peu plus de cinq ans après son ouverture ! Si ses hôpitaux publics ne sontpas en grande forme, en revanche, la Basse-Normandie est « exemplaire » en matière de médecine générale, dite « de premier recours ».

« Nous avons pris le problème à bras-le-corps, il y a huit ans. Tout le monde s’y est mis pour organiser et financer les pôles de santé avec un guichet unique », explique le Dr Leveneur. En 2007, il existait deux maisons de santé pluri-professionnels à Saint-Sauveur-Lendelin dans la Manche et au Sap dans l’Orne.

Aujourd’hui, une trentaine de pôles, (appelés PSLA, Pôles de santé libéral et ambulatoire) sont recensés, dont vingt avec financements publics, soit le double de la Haute-Normandie. Une cinquantaine de pôles est prévue dans cinq ans.

Dans le Perche, le pôle de Mortagne vient d’ouvrir, il compte une cinquantaine de professionnels de santé. Angel Piquemal résume le tout d’une phrase : « Le libéral a fait quelque chose que l’hospitalier n’a pas encore fait. »

Source: ouest-france.fr

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