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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 08:06

PARIS, 7 juillet 2015 (APM) - Les deux syndicats qui avaient entamé des discussions avec la direction générale de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), la CFDT et SUD, ont décidé de quitter la table des négociations sur l'organisation du temps de travail et les conditions de travail, ont-ils expliqué mardi à l'APM.

La CFDT et SUD sont les seules organisations de l'intersyndicale de l'AP-HP à avoir accepté la semaine dernière la feuille de route proposée par la direction générale (cf APM CB9NQJXSW).

Leurs représentants ont été conviés jeudi à une première réunion, à laquelle le directeur général, Martin Hirsch, était présent, et à unedeuxième lundi après-midi. Une troisième était prévue mardi après-midi mais les syndicats ont décidé de ne pas y participer.

"Nous sommes désappointés et déçus pour les personnels" car "malheureusement on n'en sort rien", "c'est perdant-perdant", a déploré la représentante de la CFDT AP-HP, Danielle Mezzarobba. "On a pesé le pour et le contre" et "consulté nos équipes", qui ont validé le choix de ne pas continuer à discuter avec la direction, a-t-elle ajouté.

"On arrête là", a souligné le secrétaire général adjoint de SUD AP-HP, Olivier Youinou, déplorant que le "fil conducteur" de la réforme soit économique.

Il estimait pourtant que la première réunion semblait bien engagée sur le cadre de négociation et l'enquête de terrain sur l'organisation du travail devant se dérouler jusqu'en septembre. La direction semblait avoir compris l'importance de ne pas se limiter aux services volontaires et de choisir ceux avec un turn-over important et des comptes épargne-temps (CET) "inflationnistes", a-t-il rapporté.

Il a toutefois déploré mardi que l'étude d'impact ne se ferait pas uniquement sur une proposition issue de cette enquête de terrain mais intégrerait aussi une proposition de la direction. Pour lui, cela ne correspond plus à l'état d'esprit dans lequel l'enquête avait été envisagée, la direction voulant imposer des propositions préétablies.

Il a aussi regretté que la direction prévoie d'évaluer la pertinence des organisations à partir de l'amélioration de la prise en charge des patients et des conditions de travail mais aussi de la performance économique. Pour lui, le caractère "cumulatif" de ces éléments exclut d'office toute amélioration qui se ferait à moyens constants ou avec des moyens supplémentaires.

"Il est inacceptable de faire croire qu'en augmentant le plan d'austérité à l'hôpital on pourrait améliorer les conditions de travail des agents et la prise en charge des patients", dénonce SUD dans un communiqué diffusé mardi. Le syndicat explique que "face à un tel cynisme", il a décidé de "ne plus participer à cette mascarade".

Pour la CFDT, les interrogations sur la méthodologie n'ont pas été levées lundi, a expliqué mardi Danielle Mezzarobba. Dans un communiqué, le syndicat observe que la mise en oeuvre des études de terrain en juillet et août est "irréaliste sauf si tout est déjà bouclé".

Il indique avoir compris "après de multiples questions" que le schéma horaire en 7h30 avec diminution des jours de RTT ferait partie des deux organisations à tester. Pour lui, ce schéma n'est "pas acceptable" notamment pour les équipes soignantes.

"Sous un enrobage d'amélioration de la qualité des soins et des conditions de travail, l'objectif reste un objectif uniquement économique (30 millions d'économies)", dénonce la CFDT. "Nous nous heurtons à une direction qui avance 'cachée'", ajoute-t-elle en évoquant "une ambiance de défiance mutuelle et d'échec sur le fond et la forme".

Elle regrette que les documents donnés sur table pour validation soient, selon ses sources, "en circulation et mis en oeuvre dans les groupes hospitaliers depuis le 24 juin" et que la direction écarte ses représentants des concertations avec les agents sur des sites et services volontaires.

Enfin, elle déplore un "long silence d'impuissance" sur la nécessité d'articuler l'organisation du temps de travail des personnels non médicaux avec "une meilleure visibilité et une meilleure gestion du temps médical".

LA DIRECTION GENERALE VA MENER LES ETUDES PREVUES

Dans un communiqué diffusé mardi, la direction générale de l'AP-HP indique que la première réunion de jeudi a "permis de dégager une méthode pour le choix des premiers services concernés par l'enquête sur l'organisation et les conditions de travail" et "d'accepter le principe d'un questionnaire adressé" à leurs personnels. Il a été acté que l'enquête s'effectuerait en deux vagues successives en raison de la moindre disponibilité des services pendant l'été.

Lors de la réunion de lundi, qui devait permettre de finaliser la méthodologie avec celle de mardi, les syndicats ont décidé, "de manière unilatérale, de suspendre leur participation aux discussions", regrette-t-elle, estimant avoir pourtant "transmis des propositions conformes aux éléments discutés lors de la réunion précédente".

Elle assure avoir "toujours recherché le maintien du dialogue" et proposé aux organisations syndicales "de s'associer à l'ouverture d'espaces d'expression et de discussion dans les services", sur les conditions de travail et l'impact éventuel de changements d'organisation.

La direction générale se déclare toujours "convaincue de l'utilité de ces études de terrain pour mieux prendre en compte les besoins des agents et mieux apprécier les changements organisationnels de nature à répondre à trois objectifs indissociables" (meilleure prise en charge des patients, qualité des conditions de travail et performance économique).

Elle affirme "qu'il ne s'agit en aucun cas de mettre en oeuvre de manière anticipée ou expérimentale de nouvelles organisations qui ne figureraient pas dans le protocole de 2002". Elle proposera aux organisations syndicales de partager les enseignements de ces études.

NOUVELLE MOBILISATION LE 17 SEPTEMBRE

Dans un communiqué diffusé jeudi, l'intersyndicale CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, SUD, FO et Unsa de l'AP-HP a appelé à la vigilance pendant l'été et à une nouvelle journée de mobilisation jeudi 17 septembre.

Elle demande aux agents de "maintenir la pression" et d'alerter leurs responsables syndicaux locaux "en cas d'expérimentation ou de groupe de travail relatif aux nouvelles organisations de travail" et "en cas de dégradation des conditions de travail, faute de personnel".

L'intersyndicale souhaite que des assemblées générales soient organisées dans tous les établissements à la rentrée avant le jeudi 10 septembre.

cb/ab/APM polsan
redaction@apmnews.com

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