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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 13:13

La chronique de Pierre Ivorra. "Dans les hôpitaux, les effectifs de précaires ont augmenté deux fois plus que ceux des titulaires."

Les élus locaux UMP ont quelque chose de Mister Hyde et du docteur Jekyll. Du côté du bon docteur Jekyll, ils manifestent avec raison contre la baisse des dotations de l’État aux collectivités territoriales, réclament des moyens pour répondre à une demande sociale qui ne cesse de grandir. Du côté du méchant Mister Hyde, ils soutiennent la proposition de leur parti de réduire les dépenses publiques de 130 milliards d’euros, ce qui revient à réclamer le triplement des mesures d’austérité, pourtant déjà insupportables, engagées par François Hollande.

Les dernières données de l’Insee sur l’évolution entre 2012 et 2013 de la principale dépense des administrations publiques, de l’État, des collectivités territoriales (régions, départements, communautés d’agglomération, communes) et des hôpitaux, celle concernant les personnels, confirment que l’emploi public y est aussi travaillé par des mouvements contradictoires. Les effectifs globaux augmentent de 1,5 %, mais cela tient surtout à la hausse de 38 500 postes (+ 2 %) au sein de la fonction publique territoriale, c’est-à-dire dans les structures institutionnelles les plus proches des populations et de leurs demandes. En même temps, cette augmentation de l’emploi public, obtenu en dépit des efforts faits par le gouvernement pour le réduire, s’accompagne d’un développement important de la précarité, particulièrement au niveau de l’État et dans les hôpitaux. Ainsi, la légère progression des effectifs de l’administration centrale est due à la création de 38 500 postes de non-titulaires et d’emplois aidés alors que ceux de titulaires ont reculé de 12 800 unités. Dans les hôpitaux, les effectifs de précaires ont augmenté deux fois plus que ceux des titulaires.

En vérité, les dirigeants actuels tentent de freiner et même d’inverser et de pervertir une tendance forte, propulsée par la révolution technologique en cours qui appelle un développement des capacités humaines et, à cette fin, un essor des services publics en quantité et en qualité. Cette obstination réactionnaire à réduire la dépense publique n’est pas sans effet. Si l’on rapporte l’évolution de la fonction publique à celle de la population qu’elle éduque, soigne, sécurise, on constate une dégradation au fil du temps et des politiques libérales. En 2000 on comptait 80 fonctionnaires pour 1 000 habitants. À partir de 2004 et jusqu’en 2009 on est monté à 84 fonctionnaires. Par la suite, les politiques de Nicolas Sarkozy puis de François Hollande ont ramené cette proportion à 82 pour 1 000. Cela explique pour partie la perte d’efficacité de l’économie française.

Source: humanite.fr

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