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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 13:03
Roubaix: l’hôpital en soins intensifs pour retrouver l’usage du dialogue

Tous les trois mois, il y a une réunion d’importance à l’hôpital : celle du conseil de surveillance. Le maire de Roubaix, Guillaume Delbar, le préside. Il avait ce jeudi matin un comité d’accueil revendicatif : celui d’une centaine d’agents, en grève, qui lui ont expliqué leur souffrance.

Dans les bras des représentants syndicaux, Jacques Adamski (CGT) et Patrick Desmet (SUD), une flopée de revendications. Le système de pointage, qui handicape certaines personnes (notamment quand elles prennent leur pause déjeuner), les nouveaux cycles de travail qui empêchent toute flexibilité dans les plannings de travail... Il y a surtout les heures supplémentaires : de 300 à 1000heures par agent, 80 000heures à l’échelle de l’hôpital et de ses quelque 3 000 agents. « C’est un stock depuis 8 ans. Il faut veiller à ce qu’elles ne s’accumulent pas», concède la directrice, Marie-Christine Paul. Mais Eric Goubet, représentant CGT des cadres le souligne : « Les comptes épargne temps ont été multipliés par deux ou trois. On grapille des heures sur tout. Les agents sont épuisés...» Et puis il y a les annonces qui viennent du gouvernement : un plan d’économies de 3 milliards et 22 000 postes d’ici 2017. « Pour l’hôpital de Roubaix, on devrait perdre une soixantaine de postes», analyse la CGT. La directrice de l’hôpital a beau expliquer que ce chiffre « n’est pas donné par la direction», les agents n’en ont cure, montrant sur tous les sujets l’écart qui existe entre la base et la hiérarchie. « Vous avez les problèmes d’absentéisme sur le papier. Nous, nous les avons avec les patients.»

Les agents grévistes voulaient surtout interpeller le maire et président du conseil de surveillance. « L’édifice tient debout mais il se fissure de partout, assure une soignante en chirurgie. Cela va s’écrouler un jour...» Et c’est le message que Guillaume Delbar dit avoir entendu : « Vous êtes nombreux à vous mobiliser. Cette action a un sens.» Marie-Christine Paul a beau modérer, rien n’y fait. « Il y a des contraintes qui pèsent sur l’hôpital, sur les établissement médico-sociaux... Mais aujourd’hui, le dialogue existe.» Rires jaunes des agents soumis aux diktats de certains chefs de service.

« Il y a des choses qui ne fonctionnement pas, réplique Guillaume Delbar. Je suis à votre disposition pour vous accueillir, pour faire passer des demandes par nos députés, nos sénateurs. Et vous avez raison : on ne doit pas changer l’organisation de l’hôpital tous les six mois. Mais pour les problèmes d’ici, il faut être constructif. Il n’y a plus de dialogue dans l’hôpital de Roubaix. Il faut être en mode proposition», a expliqué le maire, usant de cette expression. « Je veux qu’on se mette en mode consensus actif. » Et en préambule du conseil de surveillance, une méthode de dialogue devait être instaurée « avec ne liste des problèmes à régler». Il faut juste que tout le monde soit « en mode résolution».

La campagne fait un séjour à l’hôpital

La gériatrie est à l’hôpital un sujet qui fâche. Cœur du problème, les effectifs. Les résidences (EHPAD) et services médicalisés (USLD) accueillant des personnes âgées souffriraient d’un déficit de 38 agents ; des postes non financés. Ce qui permet à la CGT et à SUD de demander légitimement des renforts, c’est une convention de 2010. « Elle doit être renégociée cette année», insiste Marie-Christine Paul, la directrice de l’hôpital. En clair, il faut s’attendre à ce que le nombre de postes théoriques soit revu à la baisse. Et miraculeusement, on n’aura plus de sous-effectif…

Sauf que cette convention a été signée entre l’Agence régionale de santé, l’hôpital et… le conseil général, qui a la compétence sur la prise en charge des personnes âgées. Et c’est là que la question purement financière rejoint la politique. «Il y a eu un conseil de surveillance exceptionnel sur la gériatrie en décembre», remarquent de concert la directrice et les syndicats. Et qui devait y représenter le conseil général ? Mehdi Massrour, élu (PS) sortant. «Il n’est pas venu…» (celui-ci précise que la réunion a eu lieu le lendemain de sa non-désignation à la candidature pour la départementale et qu’il s’est investi pour l’hôpital notamment en permettant des crédits supplémentaires pour le Centre d’action médico-sociale précoce de Roubaix.) « On espère qu’on sera plus entendus par le futur conseil départemental qu’on ne l’est actuellement. On espère surtout que ça ne sera pas un représentant de Wattrelos», glisse Jacques Adamski, convaincu à son grand dam que dans le canton de Roubaix 2, c’est le FN qui va l’emporter. Et ça n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd : Guillaume Delbar, le maire, qui préside le conseil de surveillance de l’hôpital, a pour premier adjoint Max-André Pick (UMP) en lice ce dimanche (pour Roubaix 1). « Je connais bien certains candidats et je sais que vous serez mieux entendus par le futur conseil départemental.» À bon électeur...

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