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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 10:50
Ces hôpitaux intoxiqués par des emprunts

Leurs emprunts toxiques vont leur coûter 500 millions d’euros de plus à cause de la flambée du franc suisse. Face aux échéances, les soutiens financiers existants ne suffiront pas.

Les hôpitaux sont dans la nasse. Depuis un mois, leur dette colossale est devenue insoutenable. Une centaine d'entre eux ont souscrit, il y a dix ans, 1,5 milliard de prêts "toxiques" auprès de la banque Dexia et de quelques autres. Pendant la crise de l'euro, leurs taux d'intérêt avaient déjà bondi de 5% à 20% en moyenne. Mais le 15 janvier dernier, la Suisse a laissé flotter sa monnaie qui s'est envolée de 20 % par rapport à l'euro. Cela a provoqué une nouvelle flambée des prêts dont les taux étaient indexés sur le franc suisse. Pour certains hôpitaux, les taux ont même grimpé à 30% ou 35%. Un surcoût impossible à assumer alors que leurs budgets sont déjà très serrés

La Fédération hospitalière de France (FHF) est sur les dents. Cet excès de fièvre va coûter 500 millions d'euros de plus. Les intérêts et les indemnités pour rompre les crédits passant de 2 à 2,5 milliards. Pour certains établissements de santé, l'impact est lourd. "Un hôpital francilien a vu ses pénalités bondir de 25 à 35 millions d'euros pour sortir de son prêt, confirme Frédéric Valletoux, le président de la FHF. Nous demandons à l'État un dispositif d'aide d'urgence.

Décision d'ici à une semaine

Le gouvernement a mis en place il y a six mois un fonds de soutien de 1,5 milliard d'euros pour les collectivités locales, également exposées aux emprunts toxiques. Les hôpitaux, eux, n'ont hérité que d'un "petit" fonds de… 100 millions. Une enveloppe totalement insuffisante pour faire face aux échéances. Et un écart de traitement qui ne s'arrête pas là. "Ce fonds serait a priori réservé aux établissements les plus fragiles. Les autres, et en particulier les CHU, auraient à se débrouiller seuls pour déboucler leurs emprunts", explique Michel Klopfer, consultant pour les collectivités locales. Les hôpitaux se sentent d'autant plus délaissés que l'État n'a pas poussé les banques à les aider. Celles-ci n'ont pas mis un euro dans le fonds des hôpitaux alors qu'elles cofinancent celui des communes. Le lobbying des maires, qui siègent aussi souvent comme parlementaires, a été nettement plus efficace. "Il y a deux poids deux mesures entre les collectivités locales et les hôpitaux, s'agace Frédéric Valletoux. En plus, l'État met la pression sur nos directeurs d'établissement pour qu'ils ne portent pas plainte contre Dexia, désormais nationalisée."

Le président de la FHF a rencontré la semaine passée le secrétaire d'État au Budget, Christian Eckert, pour solliciter son aide. À Bercy, l'embarras autour de cette situation est palpable car les poches de l'État sont vides. "Les hôpitaux ont été écoutés et entendus, assure son entourage. Des mesures seront prises d'ici à une semaine."

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